ChatGPT : une étude du MIT montre ce qui pourrait changer dans le cerveau après 4 mois d’utilisation

ChatGPT : une étude du MIT montre ce qui pourrait changer dans le cerveau après 4 mois d’utilisation
Crédit Photo : PYMNTS.com

Vous utilisez ChatGPT presque tous les jours ? Une étude menée par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) s’est intéressée à une question devenue centrale avec la généralisation de l’intelligence artificielle : que se passe-t-il lorsque nous déléguons une partie de notre réflexion à une IA ?

Rédiger un texte, trouver une idée, résumer un document ou organiser ses pensées : en quelques secondes, ChatGPT peut désormais accomplir des tâches qui demandaient auparavant davantage de temps et d’effort.

Mais ce gain d’efficacité soulève une interrogation : si l’intelligence artificielle fait une partie du travail intellectuel à notre place, notre cerveau est-il sollicité de la même manière ?

Quatre mois d’expérience avec des participants

C’est précisément ce que les chercheurs ont cherché à observer dans une expérience menée sur plusieurs mois.

L’étude a suivi 54 participants pendant quatre mois, répartis en différents groupes selon les outils auxquels ils pouvaient avoir recours pour réaliser des exercices de rédaction.

Un groupe utilisait un outil d’intelligence artificielle générative, un autre pouvait s’appuyer sur un moteur de recherche, tandis qu’un troisième devait réaliser les tâches à partir de ses propres connaissances.

L’objectif était notamment d’observer les différences dans les processus cognitifs mobilisés pendant ces exercices.

Avec l’IA, l’effort intellectuel ne disparaît pas… mais il peut changer

Les résultats rapportés dans cette étude ont attiré l’attention parce qu’ils suggèrent une différence dans le niveau d’engagement cognitif selon l’outil utilisé.

Lorsque les participants s’appuyaient sur ChatGPT, certaines mesures associées à l’engagement du cerveau apparaissaient plus faibles que chez ceux qui réalisaient les exercices sans assistance extérieure.

Autrement dit, l’IA peut prendre en charge une partie du travail intellectuel qui aurait autrement été effectué directement par l’utilisateur.

Cela ne signifie pas que le cerveau « s’arrête » ou qu’une utilisation de ChatGPT provoque automatiquement une dégradation des capacités intellectuelles.

La question est plus subtile : lorsque l’outil fournit rapidement des formulations, des idées ou une structure, l’utilisateur peut avoir moins besoin de mobiliser certaines ressources cognitives pour produire lui-même le résultat final.

Le risque serait surtout celui d’une dépendance à l’outil

C’est là que le sujet devient particulièrement intéressant.

Le problème potentiel ne serait pas nécessairement l’existence de ChatGPT, mais la manière dont on choisit de l’utiliser.

Une personne qui demande systématiquement à l’IA de réfléchir, rédiger, résumer et organiser à sa place pourrait progressivement avoir moins d’occasions de pratiquer elle-même certaines compétences.

À l’inverse, utiliser l’IA comme un outil de confrontation des idées, de correction ou d’approfondissement peut maintenir une implication personnelle beaucoup plus importante.

La différence se trouve donc moins dans la présence de l’intelligence artificielle que dans la place qu’on lui accorde dans le processus de réflexion.

ChatGPT : assistant ou substitut à la réflexion ?

C’est probablement la question la plus importante soulevée par cette recherche.

Utiliser une calculatrice n’empêche pas de comprendre les mathématiques. Mais ne jamais apprendre à calculer parce qu’une machine le fait systématiquement à notre place peut modifier la manière dont nous développons cette compétence.

L’intelligence artificielle pose une question similaire pour l’écriture et le raisonnement.

Est-ce que l’on utilise ChatGPT pour mieux réfléchir ou pour éviter de réfléchir ?

La nuance est fondamentale.

Une étude à interpréter avec prudence

Les résultats ne permettent pas de conclure que ChatGPT « endommage le cerveau » après quatre mois d’utilisation.

Une expérience menée sur 54 personnes et dans des conditions particulières ne permet pas, à elle seule, de généraliser ses conclusions à l’ensemble des centaines de millions d’utilisateurs d’outils d’IA.

Elle apporte néanmoins un élément intéressant au débat : lorsqu’une technologie réalise une partie de notre travail cognitif, elle peut également modifier la manière dont nous mobilisons nos propres capacités pendant la tâche.

Point de vue de la rédaction

L’arrivée de ChatGPT ne pose finalement pas seulement la question de la performance des machines. Elle pose aussi celle de la place que nous voulons continuer à donner à l’effort intellectuel humain.

Le véritable enjeu n’est peut-être donc pas de savoir s’il faut utiliser ou abandonner l’IA, mais de trouver un équilibre : faire de ChatGPT un outil qui augmente notre réflexion plutôt qu’un outil qui réfléchit systématiquement à notre place.