Le vendredi 22 mai 2026, le président du Sénégal Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans la foulée, il a dissous le gouvernement. La décision a été lue en direct sur la télévision nationale sénégalaise par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba.
Le limogeage est intervenu quelques heures à peine après le passage de Sonko devant l’Assemblée nationale pour répondre aux questions des députés. Au cours de cette session, il avait déclaré : « Je ne suis pas un Premier ministre qui obéit aveuglément et qui acquiesce à tout. » Il avait aussi reconnu des « divergences » avec le chef de l’État.
La réaction de l’ex-Premier ministre n’a pas tardé. Sur sa page Facebook, Ousmane Sonko a écrit : « Ce soir, je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui », quartier dakarois où se trouve son domicile. Ce message bref a concentré les commentaires politiques de la nuit.
Plusieurs centaines de sympathisants se sont massés devant sa résidence dès l’annonce de la dissolution du gouvernement. Des chants et des slogans de soutien ont rythmé l’arrivée de celui qui reste le leader de PASTEF.
La rupture entre les deux hommes s’est construite sur plusieurs mois. Sonko ne cachait pas ses ambitions pour la présidentielle de 2029. Il accusait régulièrement le président Diomaye d’être trop faible sur la question de son éligibilité future. De son côté, Faye avait commencé à constituer une coalition distincte l’appelant à briguer un nouveau mandat.
Ce divorce politique met en lumière une trajectoire singulière. Empêché de se présenter à la présidentielle de mars 2024 en raison d’une condamnation pour diffamation, Sonko avait soutenu la candidature de Bassirou Diomaye Faye, son ancien secrétaire général au PASTEF. Faye avait alors été élu avec 54 % des voix au premier tour avant de nommer son mentor à la tête du gouvernement. Deux ans plus tard, le slogan « Diomaye, c’est Sonko » appartient au passé.
Des responsables proches de l’ancien Premier ministre ont exprimé publiquement leur soutien dès la nuit du limogeage. Quelques jours auparavant, un rassemblement à Dakar avait déjà pris les allures d’une démonstration de force autour d’une candidature de Sonko en 2029.
Pour l’heure, aucune date n’a été précisée pour la nomination d’un nouveau Premier ministre. Le Sénégal aborde cette séquence dans un contexte tendu, avec des négociations toujours en cours avec le Fonds monétaire international et une dette publique sous surveillance.
Voir aussi : Sénégal : le Pastef réagit au limogeage d’Ousmane Sonko
