Tiakola vient de passer un nouveau cap dans son combat pour la monétisation des artistes afro-francophones par YouTube.
Le rappeur a dévoilé son nouveau clip « Caméléon » en faisant un choix pour le moins symbolique : la vidéo a été publiée intégralement sur X, anciennement Twitter, et non sur YouTube, plateforme incontournable pour la diffusion des clips musicaux.
Ce choix ne serait pas anodin. Tiakola entend ainsi attirer une nouvelle fois l’attention sur la question de la rémunération des artistes africains.
Alors que les contenus musicaux du continent cumulent des millions de vues sur YouTube, l’accès à la monétisation reste impossible dans plusieurs pays africains, notamment en Afrique francophone.
Avec « Caméléon », l’artiste transforme donc la sortie de son clip en acte de revendication. Plutôt que d’alimenter directement les audiences de YouTube avec cette nouvelle vidéo, il a choisi une autre plateforme pour la diffuser. Une manière de donner davantage de visibilité à une problématique qu’il porte depuis plusieurs mois.
Car Tiakola n’en est pas à sa première interpellation. En juin 2026, lors de la sortie de « Mélo Décalé », il avait directement adressé un message à YouTube et aux plateformes de streaming. Il demandait alors que les clips des artistes afro-francophones puissent être monétisés.
Quelques mois plus tard, son appel a trouvé un écho en Côte d’Ivoire. Le 16 septembre 2026, Himra a lui aussi directement interpellé YouTube au sujet de la monétisation.
Le rappeur ivoirien demandait à la plateforme d’ouvrir ce dispositif aux créateurs établis dans son pays. « YouTube, monétisez-nous ! Je veux mon djai », a-t-il notamment écrit.
Himra mettait également en avant les importantes audiences réalisées par les artistes ivoiriens. Selon lui, les créateurs locaux génèrent des centaines de milliers de vues sans pouvoir bénéficier du même système de revenus que leurs homologues de certains autres marchés africains.
Le problème est lié au fonctionnement du Programme Partenaire YouTube. La Côte d’Ivoire ne figure pas actuellement parmi les territoires listés par Google pour l’accès à ce programme, contrairement notamment au Ghana, au Nigeria ou au Sénégal.
Ainsi, Tiakola et Himra portent des revendications qui se rejoignent, même si leurs démarches sont distinctes. Le premier a d’abord lancé son appel à travers sa musique avant de franchir une nouvelle étape avec « Caméléon ».
Le second a ensuite directement demandé à YouTube de permettre aux créateurs ivoiriens de bénéficier de la monétisation.
Avec cette nouvelle sortie, Tiakola remet donc la question sur la monétisation de YouTube au centre de l’actualité. Et son initiative pourrait contribuer à maintenir la pression sur une problématique qui concerne une partie importante de l’industrie musicale africaine.
