FIFA : après la Belgique, le pouvoir de Gianni Infantino commence-t-il à vaciller en Europe ?

FIFA : après la Belgique, le pouvoir de Gianni Infantino commence-t-il à vaciller en Europe ?
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La Belgique refuse désormais de soutenir Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la présidence de la FIFA. Derrière cette décision, la Fédération belge dénonce un manque de transparence et des problèmes de gouvernance, tout en exigeant des explications sur l’affaire Folarin Balogun. Après la Suède, l’Écosse et l’Italie, le mouvement de contestation prend une dimension européenne et place le président de la FIFA face à une question beaucoup plus délicate : peut-il encore prétendre à un nouveau mandat sans répondre aux critiques qui s’accumulent ?

Gianni Infantino voulait probablement que l’annonce de sa candidature à un nouveau mandat marque le début d’une campagne.

Elle pourrait finalement marquer le début d’un véritable bras de fer.

Le président de la FIFA a confirmé qu’il briguerait un nouveau mandat en mars 2027. À ce jour, il est le seul candidat officiellement déclaré.

Sur le papier, la situation semble donc idéale.

Dans les faits, elle l’est beaucoup moins.

Car à mesure qu’Infantino se rapproche de cette nouvelle élection, plusieurs fédérations européennes commencent à prendre leurs distances avec lui.

La dernière en date est la Belgique.

Et son communiqué contient deux mots qui peuvent particulièrement inquiéter la direction de la FIFA : transparence et gouvernance.

La Belgique ne veut plus fermer les yeux

La Fédération belge de football a annoncé qu’elle ne soutiendrait pas la candidature d’Infantino.

La raison invoquée n’est pas un désaccord sportif.

Elle concerne directement la manière dont la FIFA est dirigée.

La RBFA estime notamment que des réponses doivent être apportées sur le processus décisionnel entourant le projet, finalement abandonné, de création d’une société destinée à gérer les revenus de la Coupe du monde avec la possibilité d’accueillir des investisseurs privés.

C’est un dossier particulièrement sensible.

Parce qu’il touche directement à l’argent généré par la compétition phare de la FIFA.

Mais surtout parce que le projet aurait été préparé sans concertation suffisante avec certaines parties prenantes, selon les critiques formulées ces dernières semaines.

Infantino a finalement reculé.

Mais abandonner un projet ne signifie pas nécessairement faire disparaître les questions qu’il a provoquées.

Et c’est précisément ce que semble rappeler la Belgique.

Le problème est désormais plus large qu’une simple affaire de désaccord

La décision belge aurait pu rester isolée.

Elle ne l’est pas.

Avant Bruxelles, d’autres fédérations européennes avaient déjà exprimé leur distance avec Infantino, notamment la Suède, l’Écosse et l’Italie.

Pris séparément, chaque désaccord peut sembler gérable.

Pris ensemble, ils racontent une autre histoire.

Une partie du football européen ne semble plus vouloir accorder un blanc-seing au président de la FIFA.

Et le problème devient alors politique.

Infantino a besoin d’une majorité pour conserver son poste. Or, même lorsqu’il dispose d’un soutien international important, une contestation organisée en Europe peut considérablement compliquer son image.

Car l’Europe reste un bloc majeur dans le football mondial.

Et surtout, elle abrite plusieurs fédérations parmi les plus puissantes économiquement et sportivement.

L’affaire Balogun ajoute une nouvelle couche à la polémique

Comme si le dossier financier ne suffisait pas, la Belgique remet également sur la table l’affaire Folarin Balogun.

Lors du Mondial-2026 disputé aux États-Unis, l’attaquant américain avait été expulsé contre la Bosnie-Herzégovine.

Sa suspension pour le huitième de finale contre la Belgique aurait ensuite été levée après une intervention de Donald Trump auprès de Gianni Infantino.

C’est précisément ce point que la Fédération belge veut désormais éclaircir.

La présidente de la RBFA, Pascale Van Damme, estime que les questions posées par son instance restent sans réponse.

La Fédération demande donc que le dossier soit inscrit à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Conseil de la FIFA, prévue le 15 octobre.

Et cette demande est loin d’être anodine.

Pourquoi cette affaire est-elle si embarrassante pour Infantino ?

Parce qu’elle touche à quelque chose de fondamental dans une organisation sportive internationale : l’indépendance du processus disciplinaire.

Une fédération peut accepter une décision arbitrale ou disciplinaire qu’elle considère injuste.

Elle peut également demander qu’une décision soit réexaminée.

Mais lorsqu’une personnalité politique extérieure au football intervient dans un dossier impliquant un joueur de son pays, la question de l’influence devient inévitable.

C’est exactement ce que la Belgique veut éclaircir.

Et tant que les réponses ne sont pas apportées, le doute demeure.

Le véritable problème pour Infantino n’est donc peut-être pas la décision prise dans le dossier Balogun. C’est l’absence d’explication suffisamment claire sur la manière dont cette décision a été prise.

Infantino a-t-il sous-estimé la réaction européenne ?

C’est probablement l’une des questions centrales.

Depuis son arrivée à la tête de la FIFA en 2016, Infantino a considérablement renforcé son pouvoir politique à l’échelle mondiale.

Son influence dépasse largement le seul football européen.

Il entretient des relations étroites avec de nombreux dirigeants politiques et s’est employé à développer les relations de la FIFA avec différentes régions du monde.

Cette stratégie lui a permis de construire une base de soutien internationale importante.

Mais elle comporte aussi un risque.

Plus le président de la FIFA cherche à gouverner comme un acteur politique mondial, plus ses décisions sont scrutées comme celles d’un responsable politique.

Et lorsqu’une décision manque de transparence, la contestation peut rapidement devenir institutionnelle.

C’est précisément ce qui semble se produire aujourd’hui.

Le retrait de soutien belge ne signifie pas qu’Infantino est en danger

Il faut néanmoins éviter une conclusion trop rapide.

Ne plus soutenir un candidat ne signifie pas automatiquement voter contre lui.

Et surtout, Infantino est actuellement le seul candidat déclaré à sa propre succession.

Il dispose donc encore d’un avantage considérable.

La question n’est pas de savoir si son pouvoir s’est effondré.

Ce n’est manifestement pas le cas.

La vraie question est plutôt de savoir si la contestation européenne va continuer à s’étendre.

Si d’autres fédérations rejoignent la Belgique, la Suède, l’Écosse et l’Italie, le signal politique deviendra beaucoup plus difficile à ignorer.

Et si, à l’inverse, la fronde reste limitée à quelques fédérations, Infantino pourra probablement absorber cette opposition.

Le projet abandonné pourrait finalement laisser des traces durables

C’est peut-être le paradoxe de cette histoire.

Infantino a abandonné son projet de société commerciale ouverte à des investisseurs privés après les critiques.

Il aurait donc pu espérer refermer rapidement le dossier.

Mais la polémique a produit un effet inattendu : elle a déplacé le débat.

On ne parle désormais plus seulement du projet.

On parle de la manière dont les décisions sont prises à la FIFA.

Et c’est beaucoup plus dangereux pour un dirigeant.

Un projet controversé peut être abandonné.

Une crise de confiance, elle, est beaucoup plus difficile à effacer.

Le vrai défi d’Infantino commence maintenant

Jusqu’ici, le président de la FIFA pouvait apparaître comme un dirigeant suffisamment puissant pour imposer son agenda.

La situation actuelle l’oblige à démontrer autre chose.

Il doit désormais convaincre que les décisions importantes de l’organisation sont prises dans un cadre suffisamment transparent.

Il doit répondre aux interrogations sur le projet financier.

Il doit apporter des explications sur l’affaire Balogun.

Et il doit surtout éviter que ces deux dossiers ne fusionnent dans l’esprit des fédérations pour former une seule accusation : celle d’une gouvernance trop verticale.

C’est probablement le véritable enjeu de la prochaine période.

Notre analyse : Infantino n’est pas encore affaibli, mais il est désormais obligé de se justifier

Le plus important dans la décision belge n’est finalement pas le fait qu’une fédération refuse son soutien.

C’est le motif avancé.

Lorsqu’une fédération invoque simultanément le manque de transparence, la gouvernance et l’absence de réponses sur une affaire disciplinaire, elle ne critique plus une décision isolée.

Elle questionne la méthode de gouvernance.

Et c’est là que la situation devient intéressante.

Infantino reste le grand favori de sa propre succession tant qu’il demeure le seul candidat déclaré et qu’il conserve son réseau de soutiens internationaux.

Mais son prochain mandat ne pourra peut-être plus être présenté comme une simple formalité.

La bataille de 2027 pourrait se jouer moins sur la question de savoir qui peut battre Infantino que sur celle de savoir combien de fédérations accepteront encore de lui accorder leur confiance sans obtenir davantage de transparence.

La Belgique vient de poser cette question publiquement.

La Suède, l’Écosse et l’Italie avaient déjà envoyé des signaux.

Reste désormais à savoir si ces voix resteront isolées ou si elles annoncent le début d’une véritable fronde européenne.

Car Infantino a peut-être remporté la bataille en abandonnant son projet controversé. Mais la guerre sur sa gouvernance, elle, ne semble pas terminée.