Le Real Madrid a remporté mardi sa cinquième victoire en Liga sur la pelouse d’Elche (3-2), mais le résultat ne raconte qu’une partie de l’histoire. Longtemps dominateurs et déjà devant de deux buts à la pause, les hommes de José Mourinho ont complètement perdu le contrôle de la rencontre après le retour des vestiaires. Une nouvelle fois, le Real a dû attendre les dernières minutes pour éviter de laisser filer des points.
Le scénario commence à devenir suffisamment récurrent pour attirer l’attention.
Face à Elche, le Real Madrid avait pourtant fait le plus difficile. Un but contre son camp de Matías Dituro, sur un coup franc d’Arda Güler, puis une réalisation de Kylian Mbappé avaient permis aux Merengues de rejoindre les vestiaires avec deux longueurs d’avance.
Mais le changement de physionomie après la pause a complètement relancé les locaux.
Abiel Osorio a réduit l’écart à la 71e minute avant que Fernando Niño ne profite d’une erreur madrilène pour égaliser. Le Real Madrid, qui semblait contrôler la rencontre, s’est alors retrouvé sous pression avant que Carlos Espí ne surgisse dans le temps additionnel pour offrir les trois points à son équipe.
Le problème n’est donc pas le résultat
C’est précisément ce qui rend cette victoire intéressante.
Sur le papier, le bilan de Mourinho reste très favorable : cinq victoires en cinq journées de Liga et 15 points au compteur. Le Real Madrid a également évité une mauvaise opération au classement et rejoint provisoirement le FC Barcelone en tête.
Mais la manière dont les rencontres évoluent devient une véritable question.
Mourinho lui-même a reconnu après Elche que son équipe avait eu des occasions de « tuer le match » et qu’en ne le faisant pas, elle avait laissé son adversaire reprendre confiance et revenir dans la partie.
Le problème identifié n’est donc pas seulement défensif.
Le Real Madrid semble surtout avoir du mal à maintenir le même niveau d’intensité et de contrôle lorsqu’il prend l’avantage.
Une première période convaincante, puis une autre équipe
Le contraste entre les deux périodes est particulièrement frappant.
Le Real Madrid a dominé la première mi-temps et a construit son avantage avec efficacité. Güler a encore joué un rôle important dans la construction du premier but, tandis que Mbappé a rapidement fait le break. Le club madrilène décrit d’ailleurs une première période largement maîtrisée.
Après la pause, le scénario a été complètement différent.
Elche a davantage poussé, le Real a reculé et les espaces sont devenus plus importants. En quelques minutes, l’avantage de deux buts avait disparu.
Cette incapacité à conserver la maîtrise d’un match après avoir pris les commandes est précisément ce qui alimente les interrogations autour du projet de Mourinho.
Les critiques de Radio MARCA ciblent les choix de Mourinho
Dans l’émission La Tribu de Radio MARCA, plusieurs intervenants ont justement analysé cette difficulté.
Látigo Serrano a notamment critiqué la gestion des rencontres par Mourinho, estimant que le Portugais tarde parfois à intervenir et qu’il accorde une confiance importante à certains cadres du vestiaire. Il a même établi un parallèle avec la gestion de Carlo Ancelotti, tout en estimant que Mourinho devrait davantage s’appuyer sur ses propres caractéristiques managériales.
D’autres intervenants ont élargi le débat à la baisse de niveau observée par le Real Madrid lors de certaines secondes périodes.
Cette lecture mérite d’être distinguée des faits eux-mêmes : il s’agit d’analyses de chroniqueurs de Radio MARCA, et non d’un constat officiellement établi par le club.
Mais leur débat met en lumière une question intéressante : Mourinho doit-il modifier plus rapidement son équipe lorsque le scénario d’un match commence à lui échapper ?
Diomande et Güler apportent une autre réponse
Dans cette rencontre, tous les signaux n’étaient évidemment pas négatifs.
Yan Diomande et Arda Güler ont notamment été cités parmi les joueurs ayant apporté des motifs de satisfaction. Le jeune Ivoirien a encore confirmé sa progression tandis que Güler a été directement impliqué dans le premier but madrilène. AS a également souligné les prestations de Güler et Diomande après la rencontre.
Cette donnée pourrait devenir importante pour Mourinho.
Si certains cadres connaissent des périodes plus irrégulières, l’émergence de jeunes joueurs capables d’apporter de l’intensité et de la créativité offre au Portugais davantage de possibilités pour modifier le cours d’une rencontre.
C’est également ce qui explique l’importance du but de Carlos Espí.
Espí donne une nouvelle dimension au banc madrilène
Le jeune attaquant est devenu le symbole de cette victoire.
Déjà décisif en fin de match contre l’Espanyol, Espí a récidivé à Elche en inscrivant le but du 3-2 à la 91e minute.
Son influence dépasse donc désormais la simple statistique de deux buts.
Mourinho dispose d’un joueur capable d’entrer dans une rencontre et de modifier son scénario dans les dernières minutes. Cela peut devenir une arme importante lorsque le Real Madrid ne parvient pas à conserver son avantage.
Mais cela pose également une question : combien de fois les Merengues pourront-ils compter sur un but dans les dernières minutes pour réparer une deuxième période mal maîtrisée ?
Le derby contre l’Atlético arrive comme un révélateur
Le prochain grand rendez-vous donnera rapidement des éléments de réponse.
Le Real Madrid doit maintenant préparer le derby contre l’Atlético de Madrid. Dans une rencontre de cette intensité, perdre le contrôle pendant plusieurs dizaines de minutes peut avoir des conséquences bien plus lourdes qu’à Elche.
Mourinho devra donc trouver une solution à cette baisse de régime.
Son équipe possède déjà une efficacité offensive intéressante et affiche un bilan comptable parfait en Liga. Mais pour transformer ce bon départ en véritable dynamique, le Real devra apprendre à conserver sa maîtrise lorsqu’il prend l’avantage.
Point de vue de la rédaction : la victoire d’Elche ne doit pas être lue uniquement comme un nouveau succès du Real Madrid. Elle offre surtout un premier signal sur le chantier prioritaire de Mourinho : maintenir la cohérence collective pendant 90 minutes. Le Portugais dispose de plusieurs solutions, notamment avec l’émergence de Diomande, Güler et Espí. La prochaine étape consiste désormais à faire en sorte que ces ressources servent à contrôler les matches, et pas seulement à les sauver.
