Lamine Yamal revient sur les insultes racistes du Bernabéu et explique pourquoi il n’a pas réagi

Lamine Yamal revient sur les insultes racistes du Bernabéu et explique pourquoi il n’a pas réagi
Crédit Photo : Instagram / Lamine Yamal

Lamine Yamal est revenu sur un épisode qui avait marqué le Clásico d’octobre 2024 au Santiago Bernabéu. Ciblé par des insultes racistes après avoir marqué lors de la victoire du FC Barcelone face au Real Madrid (4-0), l’attaquant catalan explique aujourd’hui pourquoi il avait choisi de ne pas répondre aux provocations venues des tribunes.

Interrogé par Movistar Plus, Lamine Yamal a confié avoir été confronté au racisme à de nombreuses reprises au cours de sa vie. « 1 000 fois », estime-t-il, évoquant des situations qui ne prennent pas toujours la forme d’une insulte explicite.

Selon le jeune attaquant, le racisme peut également se manifester de manière plus indirecte, à travers certains comportements ou attitudes. « Les gens sont indirectement racistes envers toi, mais peut-être qu’ils ne s’en rendent pas compte. Beaucoup de commentaires, beaucoup de regards… », a-t-il expliqué.

Une scène du Bernabéu qu’il n’a pas oubliée

Lors du Clásico disputé en octobre 2024, Yamal et Raphinha avaient été pris pour cible par certains spectateurs du Santiago Bernabéu après le but du jeune Barcelonais. Les images des tribunes avaient rapidement circulé et suscité des réactions au-delà du cadre sportif.

Mais plutôt que de répondre aux insultes, Yamal avait choisi de poursuivre son match. Avec le recul, il explique que son absence de réaction reposait notamment sur une distinction importante pour lui : le mot utilisé pour le désigner ne peut pas l’atteindre lorsqu’il correspond simplement à ce qu’il est, mais l’intention insultante qui l’accompagne demeure condamnable.

« Qu’il me traite de noir ne va pas me déranger, je suis noir », affirme-t-il.

Le joueur ne minimise toutefois pas la portée des propos entendus ce soir-là. Il reconnaît lui-même que la question n’est pas seulement celle du terme employé, mais de l’intention et du caractère insultant de son utilisation.

« Que ce soit bien ou mal, c’est une autre question, car ses propos étaient insultants », ajoute-t-il.

Yamal refuse de laisser l’insulte prendre le dessus

À travers ce témoignage, le Barcelonais décrit surtout une manière personnelle de faire face à des comportements qu’il dit avoir rencontrés à de nombreuses reprises. Son choix de ne pas réagir au Bernabéu ne signifie donc pas qu’il considère ces propos comme acceptables.

Il semble plutôt vouloir éviter que l’insulte impose son propre terrain : celui de la provocation et de la réaction immédiate.

Cette prise de parole intervient également plusieurs années après les faits, ce qui donne une autre dimension à son témoignage. À 19 ans, Yamal revient sur une expérience vécue très tôt dans sa carrière et explique comment il interprète désormais ce type de situation.

Le football espagnol toujours confronté à la question du racisme

L’épisode du Bernabéu avait rappelé que les grands rendez-vous du football espagnol restent eux aussi confrontés à la question des discriminations dans les tribunes. Les cas visant des joueurs de haut niveau ont régulièrement alimenté les débats sur les comportements des supporters et les moyens de lutter contre les insultes racistes dans les stades.

Le témoignage de Yamal apporte cependant une dimension plus personnelle au sujet. Plutôt que de revenir uniquement sur la polémique entourant le Clásico, le joueur décrit les différentes formes que peut prendre le racisme et la manière dont il a choisi, dans ce cas précis, de ne pas laisser les provocations déterminer son comportement.

Point de vue de la rédaction

Le témoignage de Lamine Yamal montre que la lutte contre le racisme dans le football ne se limite pas aux sanctions prononcées après un incident. Elle concerne aussi la manière dont les joueurs vivent et interprètent ces comportements.

Le choix de Yamal de ne pas répondre sur le terrain lui appartient. Il ne retire cependant rien au caractère problématique des insultes qu’il décrit. Son témoignage rappelle surtout une distinction essentielle : une identité ne devient pas une insulte par elle-même ; c’est l’intention avec laquelle elle est utilisée pour humilier ou dénigrer une personne qui lui confère cette dimension.