À Kigali, le 19 mai 2026, le président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, a confirmé la vision nucléaire du pays. Ce dernier a pris place parmi les chefs d’État réunis pour le NEISA 2026. Ce sommet sur l’innovation nucléaire en Afrique s’est tenu au Kigali Convention Centre, aux côtés de plusieurs dirigeants du continent, dont la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, et du directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi. Pour le Togo, la présence à ce forum n’est pas un fait isolé. Elle prolonge une orientation construite sur plusieurs années.
Le président du Conseil togolais a exposé une position sans ambiguïté. Dans son intervention, remarquée à cette rencontre continentale, il a plaidé pour une approche africaine concertée du nucléaire civil. Ses mots ont posé la question énergétique comme un enjeu de génération : « Face aux défis énergétiques, industriels et numériques de notre continent, l’Afrique doit avoir le courage de préparer dès aujourd’hui les solutions de demain. »
Le NEISA 2026 réunissait gouvernements, régulateurs, financiers, industriels et partenaires technologiques à un moment où le passage de l’ambition à la mise en œuvre devient urgent. Le Rwanda lui-même a donné le ton. Paul Kagamé a annoncé vouloir rendre l’énergie nucléaire opérationnelle au Rwanda d’ici le début des années 2030, après avoir terminé avec succès la phase de revue des infrastructures de l’AIEA.
Le Togo, lui, avance à son propre rythme, mais avec méthode. Élu en septembre 2025 au Conseil des gouverneurs de l’AIEA, le pays a signé en février 2026 à Vienne un accord de Cadre de programmation pays avec l’institution pour la période 2026-2031. Le document a été paraphé par le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, et le directeur général de l’Agence, Rafael Mariano Grossi. Ce partenariat quinquennal couvre la santé, l’agriculture et l’énergie.
L’architecture institutionnelle du pays s’est également renforcée. En janvier 2025, le gouvernement a créé le Commissariat à l’Énergie Atomique, chargé de piloter les programmes de recherche, de formation et d’application des technologies nucléaires. Un accord conclu avec la société américaine Nano Nuclear Energy prévoit par ailleurs l’utilisation de micro-réacteurs pour la production électrique.
Sur le plan juridique, trois projets de loi ont été adoptés lors du dernier Conseil des ministres de l’année 2025, ouvrant la voie à l’adhésion du Togo à la Convention sur la notification rapide d’un accident nucléaire, à la Convention sur l’assistance en cas d’urgence radiologique, ainsi qu’à l’amendement de la Convention sur la protection physique des matières nucléaires.
À Kigali, le financement a dominé les échanges. Le conseiller de Paul Kagamé, Lassina Zerbo, a affirmé que la réussite du déploiement nucléaire dépend de la capacité à transformer les ambitions politiques en projets concrets et financés, précisant que les réacteurs modulaires de petite taille sont des changeurs de jeu pour le continent. Le Togo First et Togo-Presse ont tous deux documenté l’intervention de Gnassingbé, confirmant que Lomé entend peser dans cette dynamique régionale, avec une vision fondée sur des « partenariats innovants et compétitifs, ainsi qu’une coopération africaine renforcée au service de la transformation économique et de la souveraineté énergétique ».
Voir aussi : Avis de recrutement à l’ONG néerlandaise de développement SNV (21 mai 2026)
