Une délégation en provenance du Tchad a rencontré ce jeudi 30 juillet 2026, le ministre de la Sécurité du Burkina Faso. Les échanges portaient sur une coopération renforcée contre le terrorisme. Le ministère de la Sécurité du Burkina Faso a confirmé cette rencontre, dans un communiqué.
La délégation venait du ministère tchadien de la Sécurité publique et de l’Immigration. Elle était conduite par le Commissaire Divisionnaire Mahamat Ibrahim Man Man. Celui-ci dirige les ressources humaines et logistiques de son ministère. Face à lui siégeait le ministre burkinabè Mahamadou Sana, en personne.
Cette réunion prépare une Commission mixte de coopération, entre les deux pays. Elle doit fixer les bases d’un partenariat sécuritaire durable. Les groupes armés touchent aujourd’hui plusieurs régions d’Afrique de l’Ouest, mais aussi le bassin du lac Tchad.
M. MBAÏ-NAÏSSEM ISAAC CHAMIR, un conseiller juridique du ministère tchadien a détaillé aux micros de AA, les objectifs de la visite. Selon lui, cette rencontre ouvre la voie à une commission mixte plus large. Il évoque, sans détour, un adversaire commun aux deux nations : le terrorisme.
« Le Tchad et le Burkina Faso ont des affinités de longue date », a-t-il rappelé. Les deux pays partagent une histoire commune, ancienne et souvent citée. La délégation a présenté un projet de coopération concret, aux autorités burkinabè.
Cette rencontre ne sort pas de nulle part. Depuis avril 2025, Tchad et Burkina Faso multiplient les contacts diplomatiques. Le Premier ministre tchadien avait alors reçu l’ambassadeur burkinabè à N’Djamena. Peu après, une réunion avait rassemblé les diplomates du Burkina, du Mali et du Niger. Ces trois pays forment l’Alliance des États du Sahel, dirigée depuis Ouagadougou. Une structure trilatérale de consultation existe désormais entre ces ambassades, au Tchad.
Le terrorisme transfrontalier reste la priorité affichée par ces échanges répétés. Les groupes djihadistes profitent des zones frontalières, mal contrôlées par les États. Ils se déplacent d’un pays à l’autre, sans grande difficulté. Une coopération entre polices et armées vise justement à combler ce vide.
C’est donc une bonne nouvelle pour beaucoup de familles qui vivent sous la menace des attaques armées, dans certaines régions. Une sécurité renforcée conditionne le retour des écoles, des marchés et des routes. Elle permet aussi la reprise des activités économiques, dans les zones fragilisées.
La délégation tchadienne a exprimé le souhait d’une coopération durable et solide. Aucun calendrier précis n’a toutefois été communiqué, pour l’instant. La Commission mixte annoncée devra fixer les prochaines étapes concrètes. Elle réunira, selon toute vraisemblance, des représentants des deux gouvernements.
Ce rapprochement s’ajoute à d’autres efforts régionaux, engagés ces derniers mois. Le Burkina Faso a également lancé des patrouilles conjointes avec le Bénin. La CEDEAO, de son côté, accélère la création d’une force antiterroriste régionale. Chaque pays sahélien cherche désormais des appuis, au-delà de ses propres frontières.
Le Tchad n’appartient pas à l’Alliance des États du Sahel. Il conserve pourtant des liens réguliers avec ses membres, dont le Burkina Faso.
Les prochaines semaines diront si cette rencontre débouche sur des actions précises. Des échanges de renseignements, des formations communes ou des patrouilles conjointes restent possibles. Pour l’heure, les deux ministères parlent d’une volonté partagée, rien de plus.
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