Amnesty International demande une enquête au Mali

Amnesty International demande en enquête au Mali
Crédits photo : Amnesty International

Amnesty International a exigé, ce jeudi 30 juillet 2026 l’ouverture d’une enquête au Mali. En effet, l’organisation veut lever la lumière sur des exécutions de soldats maliens. L’organisation évoque des faits survenus après une embuscade, le 18 juillet. Les événements se sont déroulés à Tabrichat, un village de la région de Gao.

Selon l’ONG, au moins dix-neuf soldats ont été exécutés sommairement. Les auteurs présumés appartiennent à des groupes armés non étatiques. Amnesty a analysé douze vidéos, diffusées sur les réseaux sociaux. Ces images permettent, selon l’organisation, de reconstituer précisément les faits.

Plusieurs séquences montrent des militaires avançant dans le désert, mains derrière la tête. Cette posture traduit une reddition, selon l’analyse d’Amnesty International. D’autres images montrent ensuite des hommes armés tirant sur les prisonniers. Les corps apparaissent, quelques instants plus tard, dans les mêmes vidéos.

« Ces preuves de crimes de guerre sont irréfutables », a déclaré Ousmane Diallo, chercheur senior d’Amnesty International. Il dirige les travaux de l’organisation sur la région du Sahel. Selon lui, les soldats étaient hors de combat avant leur exécution. Le droit international humanitaire protège pourtant les combattants capturés ou désarmés.

Deux des vidéos montrent un drapeau blanc, associé au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Ce mouvement est également connu sous le nom de JNIM, affilié à Al-Qaïda. Dix-sept vidéos ont circulé sur des comptes X et sur Telegram. Certains comptes Telegram restent liés à l’ancienne société militaire russe Wagner.

L’embuscade du 18 juillet visait un convoi reliant Anéfis à Bourem. Le convoi transportait des soldats maliens et des combattants russes de l’Africa Corps. Le Front de libération de l’Azawad a revendiqué l’attaque, aux côtés du JNIM. Les deux mouvements coopèrent depuis 2025, selon plusieurs sources concordantes.

L’état-major malien avait, de son côté, publié un communiqué le jour même. Il affirmait que des frappes aériennes avaient permis au convoi de se dégager. Aucun bilan précis n’accompagnait alors cette première version des faits.

Amnesty International rappelle que les exécutions sommaires violent les Conventions de Genève. L’organisation demande aux autorités maliennes une enquête indépendante et impartiale. Elle réclame aussi que les victimes obtiennent vérité, justice et réparation. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a condamné ces faits, le 23 juillet.

Ce dossier ravive une question suivie de près par de nombreux jeunes Africains. Le respect du droit humanitaire concerne directement les familles des soldats engagés. Il touche aussi la confiance des citoyens envers leurs propres institutions militaires. Comprendre ces mécanismes juridiques aide à suivre l’actualité sécuritaire régionale, chaque semaine.

Le Mali fait, par ailleurs, l’objet d’une enquête ouverte par la Cour pénale internationale depuis 2013. Amnesty International précise que le retrait annoncé du Statut de Rome ne change rien. Les procédures en cours restent valables, tout comme les faits commis avant ce retrait.

De son côté, l’État-major malien a dénoncé fermement la diffusion de ces vidéos. Il évoque une opération de propagande, menée par les groupes armés. Les images serviraient, selon l’armée, à présenter une défaite comme une victoire. L’État-major promet cependant des poursuites, si les faits venaient à être confirmés.

Le nord du Mali reste, depuis plus d’une décennie, marqué par un conflit continu. Plusieurs groupes djihadistes et mouvements indépendantistes s’y affrontent, régulièrement, à l’armée nationale. Chaque nouvel épisode ajoute un chapitre difficile à cette crise prolongée. L’issue de cette enquête pourrait, à terme, peser sur les responsabilités judiciaires.

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