Au Mali, le coup d’Etat militaire en 2020 a-t-il eu un impact sur la corruption ? C’est l’une des questions auxquelles répond la Fondation Mo Ibrahim dans son Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG) 2026 sur la lutte contre la corruption.
Avant d’analyser le cas du Mali, du Burkina Faso, du Niger ou d’autres pays, l’analyse indique que la lutte contre la corruption a légèrement augmenté au cours de 2016-2025.
Durant cette période, les cinq pays africains ayant le plus progressé en matière de lutte contre la corruption sont les Seychelles, l’Angola, le Tchad, la Somalie et le Togo. Qu’en est-il alors du Mali ?
Au Mali, une amélioration de la lutte contre la corruption après le coup d’Etat ?
Selon l’Indice, la différence entre les évolutions observées depuis 2016 et celles enregistrées depuis les coups d’État apparaît encore plus clairement lorsqu’on examine les indicateurs individuels du Mali.
Au Mali, la perception du public concernant la lutte contre la corruption a enregistré la plus forte progression sur dix ans (+37,5), passant d’un score de 49,1 en 2016 à 86,6 en 2025.
Cette hausse est encore plus spectaculaire depuis le premier coup d’État de 2020 : la perception du public a augmenté de +45,4 points, soit une progression supérieure à celle enregistrée sur l’ensemble des dix dernières années.
De la même manière, les modestes améliorations observées sur dix ans concernant la corruption dans le secteur privé et le secteur public ont été largement dépassées par les progrès réalisés depuis le coup d’État de 2020.
Quant aux procédures de passation des marchés publics, elles avaient connu une forte dégradation entre 2016 et 2020 (-24,7), avant de repartir à la hausse depuis le coup d’État (+7,8).
Des dynamiques similaires sont observées au Burkina Faso, où les évolutions positives – ou l’absence de changement – enregistrées sur dix ans pour les indicateurs relatifs à l’absence de corruption dans les institutions de l’État et aux mécanismes de lutte contre la corruption ont été dépassées par des progrès bien plus importants depuis le coup d’État de 2022 (+11,3 et +6,3 respectivement).
L’écart le plus marqué concerne également la perception du public de la lutte contre la corruption. Alors que cet indicateur avait chuté de 29,2 points entre 2016 et 2022, son score est resté stable depuis le coup d’État.
Mali : évolution des indicateurs de lutte contre la corruption sur dix ans et depuis le coup d’État de 2020
| Indicateur | Évolution sur 10 ans | Évolution depuis le coup d’État |
|---|---|---|
| Perception du public de la lutte contre la corruption | +37,5 | +45,4 |
| Absence de corruption dans le secteur privé | +2,6 | +11,7 |
| Absence de corruption dans le secteur public | +3,7 | +11,0 |
| Procédures de passation des marchés publics | -16,9 | +7,8 |
| Mécanismes de lutte contre la corruption | +6,3 | +6,3 |
| Absence de corruption dans les institutions de l’État | +1,6 | -0,1 |
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