Le drame mortel a frappé le quartier populaire d’Aïn Nokbi à Fès aux premières heures du jeudi 21 mai 2026 avec l’effondrement d’un immeuble. Vers trois heures et demie du matin, un immeuble s’est brusquement écroulé, réveillant les habitants dans un fracas violent. Le bâtiment comptait onze appartements, dont huit étaient occupés par des familles.
Le bilan quasi définitif s’est alourdi à 15 morts et 5 blessés. Les équipes de la Protection civile ont extrait 13 corps des décombres. Deux autres victimes ont succombé à leurs blessures peu après leur admission au CHU Hassan II. Parmi les victimes figurent deux fillettes. Cinq blessés restaient hospitalisés vendredi, dont l’un ne résidait pas dans le bâtiment.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les habitants ont été réveillés en pleine nuit par un bruit violent. « Nous dormions lorsque nous avons été surpris par l’effondrement de cet immeuble de quatre étages », raconte Abdelhadi Ennakabi, acteur associatif et habitant du quartier.
À la suite du drame, le Procureur général du Roi près la Cour d’appel de Fès a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire. Les investigations devront préciser si l’immeuble présentait des fragilités structurelles ou si les règles de construction n’ont pas été respectées. Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont construits sans respecter les normes en vigueur. C’est l’anomalie que pointe la justice : la tolérance envers des constructions hors normes, dans des zones densément peuplées.
Des habitants ont rappelé que plusieurs constructions de la zone remontent aux années 1970 et 1980, érigées sans respecter les normes actuelles. « Après avoir vu cet immeuble s’effondrer, nous avons peur de rentrer chez nous avec nos enfants », confie une riveraine prénommée Hanane.
Le Conseil national des droits de l’Homme a appelé à l’ouverture d’une enquête dont les conclusions seraient rendues publiques, en liant clairement responsabilité et reddition des comptes. Il a insisté sur la nécessité d’activer les dispositions du code de l’urbanisme et de renforcer le contrôle des bâtiments menaçant ruine.
Ce drame s’ajoute à une série noire. En décembre 2025, l’effondrement de deux immeubles mitoyens à Fès avait causé la mort de 22 personnes, l’un des bilans les plus lourds enregistrés au Maroc dans ce type de sinistre. Auparavant, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l’effondrement d’un autre immeuble résidentiel à Fès. En février 2024, cinq personnes avaient trouvé la mort dans l’effondrement d’une maison de la vieille ville.
Cette tragédie confirme l’ampleur d’un phénomène structurel qui dépasse désormais les capacités financières et techniques des collectivités locales. Fès vit depuis plusieurs années au rythme des alertes, des évacuations et des effondrements. La répétition des drames pose la question de la responsabilité des pouvoirs publics face à un habitat dégradé dont les risques sont connus de longue date.
Voir aussi : NOUVEAU RECRUTEMENT À L’UNFPA (24 mai 2026)
