Raffinerie Dangote : le Nigeria devient leader du carburant aérien en Europe devant les États-Unis

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Crédits photo : Jeune Afrique / © DENIS/REA

La raffinerie Dangote s’impose comme fournisseur de carburant aérien en Europe. Le complexe nigérian a livré environ 466 000 tonnes en juin 2026. Le Nigeria a ainsi devancé les États-Unis parmi les fournisseurs extérieurs du marché européen.

La performance s’est poursuivie en juillet. Plus de 400 000 tonnes ont rejoint l’Europe, selon les données de Kpler. Ce volume représentait environ 20 % des importations européennes de carburant aérien durant le mois.

Ces chiffres placent Lagos au centre d’un commerce longtemps dominé par les raffineries étrangères. Le Nigeria exportait surtout son pétrole brut. Il cherche désormais à vendre des produits transformés sur son propre territoire.

Cette bascule répond à une faiblesse ancienne. Pendant des années, le premier producteur africain de pétrole a importé une grande partie de ses carburants. Ses installations locales ne suffisaient pas à couvrir les besoins du pays.

La raffinerie Dangote change cette équation. Installée à Lekki, près de Lagos, elle dispose d’une capacité nominale de 650 000 barils par jour. Reuters indiquait en avril qu’elle fonctionnait à ce niveau depuis le début de l’année.

Le site produit jusqu’à 24 millions de litres de carburant aérien par jour, selon Reuters. Une large part de cette production prend la direction de l’Europe. Les acheteurs y recherchent des cargaisons capables de compenser les perturbations des flux habituels.

La position géographique du complexe renforce cet avantage. Les navires peuvent rejoindre directement l’Europe depuis la côte atlantique nigériane. Cette route réduit certaines distances et rapproche la production d’un grand bassin de consommation.

Le succès reste toutefois exposé aux variations du marché. Les fournisseurs américains, moyen-orientaux et asiatiques conservent des capacités élevées. Un retour des volumes russes pourrait aussi modifier les prix et les itinéraires.

Pour le Nigeria, l’enjeu est donc commercial, mais aussi industriel. Chaque cargaison vendue à l’étranger apporte des recettes issues d’un produit raffiné. Elle montre également qu’une partie de la valeur du pétrole peut rester en Afrique.

La progression devra encore résister aux coûts du brut, du transport et du financement. Elle devra aussi répondre aux besoins des compagnies aériennes nigérianes. Reuters a rapporté en avril que les transporteurs locaux subissaient la hausse du carburant aérien.

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