C’est un des grands chantiers du gouvernement togolais et de ses partenaires : garantir de l’eau propre et des toilettes saines pour tous d’ici 2030.
Selon les derniers chiffres de l’Analyse Commune de Pays (CCA) pour l’ODD 6 (Eau potable et assainissement), le Togo avance, mais des inégalités majeures persistent entre les villes, les campagnes et les niveaux de richesse.
En 2025, la note globale du Togo pour cet objectif s’élève à 52,2 sur 100 (contre 51,9 en 2021). Une progression timide qui cache des réalités très différentes sur le terrain.

Eau potable : 71 % des Togolais y ont accès, mais avec de fortes inégalités
Bonne nouvelle sur le front de l’eau : la proportion de la population ayant accès à l’eau potable est passée de 65,1 % en 2017 à 71 % en 2022.
Cependant, le rapport révèle un fossé social important selon le niveau de vie des ménages :
-
Chez les ménages non-pauvres : Plus de 73 % ont accès à l’eau potable.
-
Chez les ménages pauvres : Ce taux chute à 59,6 %.
La réalité du milieu rural : le système D prédomine
Dans les campagnes togolaises, ouvrir un robinet chez soi reste un luxe. Les statistiques nationales montrent que :
-
Seuls 5,5 % des ménages ruraux ont un robinet dans leur logement ou leur cour.
-
La grande majorité doit se débrouiller autrement : 31,1 % vont à une borne-fontaine, 23,2 % se ravitaillent chez les voisins, 12,6 % achètent de l’eau en sachet, et 12,9 % boivent encore de l’eau provenant d’une source non protégée (fleuves, puits ouverts), ce qui pose des risques pour la santé.
Assainissement et toilettes : le grand défi sanitaire
Si l’accès à l’eau progresse, la question des toilettes et des services sanitaires de base reste le point noir du pays, même si les chiffres augmentent légèrement. Au niveau national, le taux d’accès à des services sanitaires est passé de 16,1 % en 2017 à 19,2 % en 2022. Moins d’un Togolais sur cinq dispose donc d’installations de base.
Ici, la fracture sociale et géographique est encore plus violente :
-
L’écart de richesse : Plus de la moitié (51,7 %) des ménages aisés ont accès à des toilettes saines, contre seulement 18,4 % des ménages pauvres.
-
L’isolement des campagnes : En milieu rural, à peine 9,4 % des foyers avaient accès à des toilettes jugées saines. La grande majorité de la population y est donc privée d’installations hygiéniques de base.
Cap sur 2030 : l’ambition de l’accès universel
Ces progrès, bien que lents, sont le fruit des investissements du gouvernement et de ses partenaires. Pour accélérer la cadence et corriger ces inégalités, l’État s’appuie sur deux piliers majeurs :
-
Le Plan National de Dotation en Eau Potable.
-
Le Plan Directeur de l’Eau pour le Grand Lomé.
L’objectif affiché est clair : atteindre l’accès universel à l’eau potable d’ici 2030, pour qu’aucun citoyen, qu’il vive en ville ou en milieu rural, ne soit laissé de côté.
Pour suivre en temps réel les projets et l’évolution de ces données, vous pouvez consulter la plateforme officielle du Ministère en charge de l’eau et de l’assainissement du Togo.
LIRE AUSSI : Emploi au Togo : 7 travailleurs sur 10 vivent de la débrouille selon l’ONU
