Emploi au Togo : 7 travailleurs sur 10 vivent de la débrouille selon l’ONU

Crédit photo : Fit-to-Fair-(coffee)-project-Oct-2025_UNDP-Rwanda

C’est le chiffre marquant du dernier rapport des Nations Unies publié ce 19 mai 2026 : au Togo, près de 70 % de la population active travaille dans le secteur informel.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Que la grande majorité des Togolais ne touche pas de salaire fixe à la fin du mois, mais multiplie les activités au quotidien pour subvenir à leurs besoins.

Ce diagnostic complet est issu de l’Analyse Commune de Pays (CCA) 2025, un travail collaboratif entre l’ONU et le gouvernement togolais pour mesurer les avancées des Objectifs de Développement Durable (ODD).

Voici ce qu’il faut retenir de la réalité du marché de l’emploi au Togo.

Analyse Commune de Pays (CCA) 2025

Le grand défi de l’emploi salarié et l’inégalité hommes-femmes

Au Togo, l’emploi salarié ne représente que 31,4 % des emplois. Le reste de la population se tourne vers le secteur informel.

Un exemple simple : Un vendeur de rue ou un artisan non déclaré auprès de l’État n’a pas de salaire fixe, mais il n’est pas pour autant comptabilisé comme « chômeur ». Il travaille, mais dans la précarité.

Cette réalité cache une inégalité flagrante entre les sexes :

  • Chez les hommes : Plus de la moitié (53,6 %) ont la chance d’avoir un emploi salarié stable.

  • Chez les femmes : Ce taux s’effondre à seulement 13,5 %.

En clair, au Togo, un homme a quatre fois plus de chances de décrocher un emploi salarié qu’une femme.

Quel est le vrai taux de chômage au Togo ?

Si l’ONU note que les voyants du chômage classique sont globalement au vert, le rapport invite à regarder de plus près le taux de chômage élargi.

Estimé à 8,7 %, ce chiffre est beaucoup plus proche de la réalité car il intègre deux catégories de personnes souvent invisibles :

  1. Le sous-emploi : Les personnes qui travaillent seulement quelques heures par semaine mais qui aimeraient travailler plus.

  2. Les chômeurs découragés : Les personnes qui ont tout simplement arrêté de chercher un emploi, fatiguées par le manque d’opportunités.

Là encore, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Ce chômage élargi frappe de plein fouet les populations les plus vulnérables :

  • Les femmes sont touchées à hauteur de 10,6 %.

  • Les jeunes (15-24 ans) paient le tribut le plus lourd : près d’un jeune sur cinq (19,6 %) est au chômage élargi.

Travail décent et croissance économique : Une bonne note globale portée par le Mobile Money

Malgré ces défis majeurs sur l’emploi, le Togo progresse. Pour l’ODD 8 (qui évalue le travail décent et la croissance économique), le pays s’en sort avec une note plutôt encourageante de 74,3 sur 100 en 2025 (contre 73,6 en 2021).

Ce bon score s’explique par la validation de 4 indicateurs sur 8, mais surtout par le boom de la bancarisation.

Grâce à l’essor des services de monnaie électronique (Mobile Money), la proportion des Togolais de 15 ans et plus possédant un compte financier est passée de 45,3 % en 2017 à 49,6 % en 2021. Aujourd’hui, près de la moitié de la population adulte a accès à une solution pour gérer son argent.

Ce rapport de l’ONU offre un diagnostic précieux. En s’appuyant sur ces données concrètes, l’objectif est désormais d’ajuster les politiques publiques pour accélérer le développement du Togo, en veillant à ce que la croissance économique profite à tous, sans laisser personne de côté.

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