Dakarm capitale du Sénégal, a accueilli la 32e Assemblée régionale Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. Les travaux se sont tenus à l’Hôtel King Fahd Palace, réunissant présidents d’institutions parlementaires, députés et délégations de l’espace francophone africain. À l’issue de ces trois journées, une proposition a émergé : confier la présidence de la section Afrique de l’APF au Sénégal.
C’est le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Malick Ndiaye, qui est pressenti pour diriger la section Afrique de l’institution. La décision sera formellement examinée en juillet 2026 à Yaoundé, au Cameroun. La cérémonie d’ouverture s’était tenue sous la présidence de Ndiaye, en présence du président de l’APF, Hilarion Etong du Cameroun.
L’atmosphère des débats a été marquée par une tonalité politique nette. Selon Le Soleil, Malick Ndiaye a plaidé pour que la Francophonie soit redéfinie non plus comme un espace culturel et linguistique, mais comme « un espace de coopération souveraine et de solidarité politique ». Il a par ailleurs appelé les parlements africains à « construire des réponses concertées face aux défis contemporains », en visant notamment les crises au Sahel et les tensions au Moyen-Orient.
Ce positionnement s’explique en partie par le contexte géopolitique. Le Niger a quitté l’Organisation internationale de la Francophonie en mars 2025, dans la lignée de l’Alliance des États du Sahel regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ces retraits affaiblissent la représentativité africaine au sein de l’espace francophone. En réponse, l’APF-Afrique a mandaté la section togolaise pour une mission de contact auprès des États membres de l’AES, cherchant à maintenir un dialogue malgré les ruptures institutionnelles.
Malick Ndiaye a affirmé que la souveraineté africaine n’est pas un repli, mais « une exigence de notre temps, ouvrant la voie à une coopération choisie et à un partage d’instruments politiques, juridiques et économiques ». Cette position place le Sénégal en médiateur entre deux blocs : ceux qui restent dans la Francophonie institutionnelle et ceux qui s’en éloignent.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a reçu une délégation de l’APF en marge des travaux. Cet engagement au plus haut niveau confirme l’intérêt de Dakar pour ce dossier. L’alternance démocratique de mars 2024, qui a porté Faye à la présidence avec un gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, a été présentée comme une preuve de la maturité républicaine du pays.
La proposition de candidature sénégalaise sera examinée à Yaoundé. Elle intervient alors que la Francophonie cherche à redéfinir sa pertinence sur un continent en recomposition rapide. Le vote de juillet dira si Dakar obtient la confiance des sections africaines de l’APF.
Voir aussi : RECRUTEMENT A CORUS INTERNATIONAL (20 Mai 2026)
