Règlement européen sur le méthane : Macron demande un report

Règlement européen sur le méthane : Macron demande un report

Le règlement européen sur le méthane entre dans une phase décisive pour les exportateurs africains. Emmanuel Macron demande à Bruxelles de repousser son application au 1er janvier 2028.

Le calendrier actuel fixe le début des nouvelles obligations au 1er janvier 2027. Dans une lettre datée du 18 septembre, le président français réclame donc un délai supplémentaire.

Selon Reuters, Paris redoute des risques juridiques pour les importateurs. Le gouvernement français craint aussi une pression accrue sur les prix de l’énergie.

Cette demande intervient alors que l’Europe cherche à sécuriser ses approvisionnements. Le marché reste marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes sur les livraisons.

La Commission européenne n’a pas encore accepté de modifier le calendrier. Elle examine toutefois les effets possibles du règlement sur la sécurité énergétique du continent.

Le texte impose aux importateurs de prouver l’origine du gaz et du pétrole. Ils doivent aussi présenter des données sur les émissions de méthane liées à leur production.

Ces informations doivent respecter des règles de mesure, de déclaration et de vérification. Les importateurs peuvent également s’appuyer sur le niveau 5 du programme OGMP 2.0.

Ce cadre exige des mesures directes et un contrôle par des vérificateurs indépendants. Il concerne donc les producteurs, les transporteurs et les entreprises qui achètent les cargaisons.

Pour le Nigeria et l’Algérie, l’enjeu dépasse une simple question administrative. Ces deux pays fournissent du gaz au marché européen et doivent documenter leurs émissions.

Les entreprises devront donc renforcer leurs systèmes de suivi. Elles devront aussi détecter les fuites, limiter le torchage et transmettre des données jugées fiables.

La Commission européenne présente cette démarche comme un outil climatique et énergétique. Le méthane réchauffe fortement l’atmosphère, même s’il reste moins longtemps que le dioxyde de carbone.

L’institution rappelle que les pertes de gaz représentent aussi une ressource inutilisée. Plus de 200 milliards de mètres cubes seraient perdus chaque année dans le monde.

Une partie de ce volume pourrait être récupérée puis vendue. La réduction des fuites peut donc réduire les émissions et améliorer l’offre disponible.

Le débat porte désormais sur le rythme de cette transformation. Les États importateurs veulent préserver leurs livraisons, tandis que Bruxelles défend ses objectifs climatiques.

La Commission a déjà demandé aux États membres de suspendre certaines pénalités jusqu’à la fin de 2029. Cette mesure ne reporte toutefois pas l’entrée en vigueur du règlement.

Pour les producteurs africains, l’incertitude demeure entière. Un report donnerait davantage de temps pour adapter les installations et sécuriser les contrats.

Sans délai, certains exportateurs pourraient subir des coûts supplémentaires ou perdre des débouchés. Le règlement européen sur le méthane devient ainsi un facteur commercial majeur.

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