Le débat sur les data centers en Afrique change de terrain. Au Cap, l’eau devient le point sensible d’un projet porté par Equinix. Le groupe américain veut développer un site hyperscale à King Air Industria. Le projet s’inscrit dans un ensemble pouvant atteindre 160 MVA de capacité électrique.
La Housing Assembly et Foxglove contestent la procédure engagée devant les autorités du Cap. Le Legal Resources Centre accompagne leur démarche. Les organisations affirment que le dossier ne permet pas d’évaluer correctement les besoins en eau. Elles pointent aussi les émissions, les groupes électrogènes et la demande électrique.
Le site se trouve près de quartiers déjà confrontés à des services fragiles. Le Cap garde aussi la mémoire de la crise du Day Zero, survenue en 2018. La municipalité doit donc arbitrer entre attractivité numérique et accès aux services essentiels. Cette tension dépasse largement les frontières sud-africaines.
Un rapport de l’Université des Nations unies replace cette affaire dans une tendance mondiale. Les data centers ont consommé environ 448 térawatt-heures d’électricité en 2025. Leur demande pourrait atteindre 945 térawatt-heures en 2030. L’empreinte hydrique associée atteindrait alors 9 300 milliards de litres.
Ce volume correspond aux besoins domestiques annuels essentiels de 1,3 milliard de personnes. Le chiffre concerne l’électricité utilisée par les infrastructures mondiales liées aux données. L’eau intervient directement dans le refroidissement des serveurs. Elle intervient aussi dans la production de l’électricité nécessaire à leur fonctionnement.
Cette distinction compte pour les pays africains. Une énergie moins carbonée ne garantit pas automatiquement une consommation d’eau plus faible. Le continent cherche pourtant à attirer les investissements numériques. Ces infrastructures peuvent soutenir les services publics, les entreprises et l’emploi.
Elles peuvent aussi accroître la pression sur des réseaux déjà limités. Le choix du lieu devient donc aussi important que le montant investi. Le dossier du Cap offre une première leçon aux décideurs africains. Les autorisations doivent reposer sur des données publiques et vérifiables.
Les opérateurs devraient publier leurs besoins en eau, en énergie et en foncier. Les études doivent mesurer les effets cumulés de plusieurs sites voisins. La transparence ne suffit toutefois pas. Les permis peuvent aussi imposer des solutions de refroidissement moins dépendantes de l’eau potable.
Ils peuvent exiger des objectifs mesurables, des contrôles réguliers et des sanctions. Cette méthode éviterait de corriger les dégâts après la construction. Le boom des data centers en Afrique n’est donc pas condamné. Il doit cependant répondre aux priorités des populations qui accueillent ces installations.
Voir aussi : Avis de Recrutement à l’ONG humanitaire COOPI International – 25 Septembre 2026
