Pour récupérer le compte Twitter du gouvernement béninois, il fait jeter son ami en prison

Nicolas Maduro la prison

Image d'illustration / Crédits photo : Giona Mason sur Pexels

Dans un podcast sur PodLab, Stévy Wallace, ancien responsable de la communication digitale de la présidence du gouvernement béninois a fait une révélation pour le moins rocambolesque.

Recruté à l’âge de 30 ans pour installer la stratégie digitale du président Patrice Talon, le communicant n’a pas hésité à employer les grands moyens : faire incarcérer l’un de ses proches pour un mot de passe.

Un héritage numérique chaotique

Surnommé « l’Immortel » dans le milieu, Stévy Wallace, consultant en communication et promoteur du média Bénin Bouge, est largement reconnu pour avoir modernisé la communication numérique de l’État béninois.

Mais les débuts de sa mission ont été marqués par un véritable feuilleton policier.

À son arrivée à la tête de la communication digitale de la présidence, le constat est peu reluisant : l’État ne dispose que de trois canaux officiels (dont une page Facebook et un compte Twitter) jugés peu dynamiques et non engageants.

Bien décidé à reprendre les choses en main, le nouveau cyber-stratège contacte les administrateurs de ces différents comptes. C’est là que les choses se gâtent.

« Je l’ai fait enfermer et il a donné les accès »

L’un des administrateurs, qui gérait le compte Twitter officiel du gouvernement, refuse catégoriquement de céder les codes d’accès. Graphiste sous l’ancien régime, ce dernier considérait ce compte de l’État comme sa propriété personnelle.

« Il estimait que c’était son bébé. Je lui ai dit que c’est pour le pays. Tu ne t’appelles pas gouvernement du Bénin. C’est pour le pays », confie aujourd’hui Stévy Wallace.

Face à cette résistance, et malgré les liens d’amitié qui l’unissaient au graphiste, « l’Immortel » décide de passer à la vitesse supérieure.

Pour débloquer la situation et récupérer le contrôle de la voix numérique de la nation, il fait incarcérer son ami.

La méthode, radicale, s’avère d’une efficacité redoutable : derrière les barreaux, le graphiste finit par céder les précieux identifiants. « Il a donné les accès là-bas et on l’a libéré », résume le consultant.

Tout est bien qui finit… autour d’un rire

Si l’affaire aurait pu briser une amitié à jamais, l’histoire se termine par une note surprenante de légèreté. Des années après cet épisode digne d’un thriller politique, la hache de guerre est totalement enterrée entre les deux hommes. « Aujourd’hui, on en rigole lui et moi », s’amuse Stévy Wallace.

Une anecdote mémorable qui prouve qu’en politique, la transition numérique demande parfois un sens de la négociation… très particulier.

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