Près de trois décennies après la mort de Tupac Shakur, l’affaire connaît enfin un verdict historique. Le 31 août 2026, un jury de Las Vegas a reconnu Duane « Keffe D » Davis coupable de meurtre au premier degré. Et au cœur du dossier : ses propres déclarations publiques.
Pendant des années, le meurtre de Tupac, abattu à Las Vegas en septembre 1996, est resté sans condamnation. Duane Davis, qui se trouvait dans la Cadillac impliquée dans l’attaque, avait pourtant livré aux enquêteurs des éléments sur cette nuit-là.
En 2008 et 2009, certaines de ses déclarations avaient été recueillies dans le cadre d’un proffer agreement, un accord qui limitait leur utilisation contre lui. Mais plusieurs années plus tard, Davis a commencé à raconter publiquement sa version des événements.
Interviews, apparitions médiatiques et surtout publication, en 2019, de son livre « Compton Street Legend » : le suspect s’est progressivement retrouvé au centre de l’enquête. Le livre, coécrit avec Yusuf Jah, a notamment été autorisé à être présenté au procès.
Ses propres paroles au cœur du procès
Les procureurs ont utilisé plusieurs de ses déclarations publiques ainsi que des enregistrements réalisés au cours des investigations. Ils ont soutenu que Keffe D avait organisé l’attaque en représailles après une altercation impliquant son neveu, Orlando Anderson, avec Tupac et son entourage.
La défense, elle, a tenté de convaincre les jurés que Davis avait exagéré ou inventé certains récits pour attirer l’attention et vendre son livre.
Le jury n’a finalement pas été convaincu
Après moins de trois heures de délibération, Duane Davis a été reconnu coupable. Il n’est pas accusé d’avoir personnellement appuyé sur la gâchette, mais les procureurs l’ont présenté comme l’organisateur de l’attaque. Le droit du Nevada permet de poursuivre pour meurtre une personne ayant joué un rôle déterminant dans l’organisation d’un homicide.
Davis risque désormais la prison à vie, avec une audience de détermination de la peine prévue le 13 octobre 2026. Il a indiqué son intention de faire appel.
Ironie de l’histoire : après près de 30 ans d’enquête, ce sont en grande partie les propres récits de l’homme qui racontait l’affaire qui ont fini par revenir contre lui.
