La lutte menée par le ministre togolais Robert Dussey a eu gain de cause. Le vendredi 04 septembre un vote pour la reforme des cartes du monde a eu un franc succès au siège de l’Organisation des nations unies.
D’après les informations divulguées par l’Organisation mondiale, ladite campagne a récolté 164 voix positifs contre un seul négatif, celui des Etats-Unis. Ces votes avaient pour bu de valider le projet de promouvoir des représentations cartographiques qui rendent plus fidèlement compte de la taille relative des continents.
Seuls à voter contre, les États-Unis ont vu dans cette initiative une démarche avant tout politique. Le représentant américain a jugé que la résolution « tourne en dérision le travail et la raison d’être de cette institution », estimant que ce qui se présentait comme une simple correction des proportions cartographiques relevait en réalité d’un « projet idéologique beaucoup plus vaste et plus radical ». Il a également critiqué les références aux réparations et à la « justice cognitive » contenues dans le texte, y voyant les symptômes de ce qui, selon lui, mine la crédibilité de l’institution onusienne.
Le Togo, chef de file de la négociation
C’est le Togo qui a mené les négociations au nom du groupe africain, dans la continuité d’une campagne portée par l’Union africaine. Le texte adopté présente la correction de ces distorsions cartographiques comme une forme de « justice cognitive et de réparation mémorielle », et cite en référence Equal Earth, une projection élaborée en 2018 qui restitue plus fidèlement les superficies relatives des territoires.
Robert Dussey a tenu à nuancer la portée de cette réforme : il ne s’agit ni de disqualifier la projection de Mercator, dont il reconnaît l’utilité pour la navigation maritime, ni d’imposer une carte universelle unique. Le ministre togolais a résumé sa position en une formule : « Une carte juste ne change pas la géographie du monde, elle change notre façon de voir le monde. »
