Mali : un mari accuse sa femme de violences ; comment la justice a eu du mal à trancher

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Crédits photo : reallifecounseling

Un couple au Mali est en conflit et demande le divorce. Le mari accuse sa femme de faits graves comme des violences physiques et des menaces de mort.

Selon l’article 352 du CFP du Mali : « Un époux peut demander le divorce pour faute en cas : d’adultère de l’autre ; d’excès, sévices et injures graves de l’autre rendant la vie conjugale impossible … ».

Le tribunal de Kati examine l’affaire et décide de prononcer le divorce aux torts des deux (c’est-à-dire que chacun a une part de responsabilité). Il décide aussi que certains enfants restent avec la mère et d’autres avec le père, avec un droit de visite pour chacun.

Mais la femme n’est pas d’accord et fait appel. La Cour d’appel change complètement la décision. Elle annule le jugement et considère que les accusations du mari ne sont pas suffisamment prouvées.

Le mari conteste alors cette décision devant la Cour suprême du Mali. Il explique un point très important : devant le premier tribunal, sa femme avait reconnu certains faits, notamment les violences et les menaces de mort.

La Cour suprême va vérifier. Elle constate alors que ces aveux existent bien dans le dossier. Par conséquent, la Cour rappelle que la loi permet de divorcer en cas de violences graves.

En outre, elle estime que la Cour d’appel n’a pas correctement utilisé ces éléments. En clair, la Cour d’appel a ignoré un élément important du dossier.

La Cour suprême annule donc la décision de la Cour d’appel. Elle renvoie l’affaire devant une autre formation de la même Cour pour qu’elle soit rejugée correctement.

Leçons à retenir

  • Un aveu peut suffire à prouver un fait important. Le juge ne peut pas l’ignorer.
  • Les violences et menaces dans un couple sont des fautes graves qui peuvent justifier un divorce.
  • Un juge doit analyser tous les éléments du dossier. S’il oublie un élément important, sa décision peut être annulée.
  • La Cour suprême contrôle si la loi est bien appliquée, mais elle ne juge pas toujours toute l’affaire elle-même.
  • En matière de divorce, ce que disent les parties devant le juge (même pour se défendre) peut se retourner contre elles.

Mali, Cour suprême, 01 juillet 2024, 321

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