L’ONU débloque près de 34 milliards pour la lutte contre l’épidémie d’ébola

L'ONU débloque près de 34 milliards pour la lutte contre l'épidémie d'ébola
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Le 22 mai 2026, Tom Fletcher, secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, a annoncé l’allocation de 60 millions de dollars (34 milliards de francs CFA) du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies ;  l’objectif : accélérer la riposte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et dans l’ensemble de la région. Cette somme représente près de 34 milliards de francs CFA.

« Nous devons prendre de l’avance sur cette épidémie d’Ebola. J’alloue jusqu’à 60 millions de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies afin d’accélérer la riposte en République démocratique du Congo et dans l’ensemble de la région », a déclaré le chef humanitaire de l’ONU.

Le 15 mai 2026, les autorités sanitaires congolaises ont officiellement annoncé une nouvelle épidémie d’Ebola dans la province de l’Ituri, au nord-est du pays. Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola recensée en RDC. Au 22 mai, 82 cas avaient été confirmés en laboratoire, tandis que près de 750 cas suspects et 177 décès suspects étaient enregistrés sur l’ensemble du territoire.

La souche en cause complexifie la réponse sanitaire. Cette flambée est provoquée par le variant Bundibugyo, une souche rare d’Ebola déjà observée lors de deux précédentes épidémies, en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012. Aucun vaccin ni traitement spécifique validé n’est actuellement disponible contre cette souche. La flambée a également circulé sans être détectée pendant un certain temps, en partie parce que les tests conçus pour la souche Zaïre ne permettent pas d’identifier le variant Bundibugyo.

Le terrain aggrave la situation. La province d’Ituri reste particulièrement instable. Les combats se sont considérablement intensifiés depuis fin 2025 et plus de 100 000 personnes ont récemment été déplacées. Tom Fletcher a reconnu que les opérations se déroulent dans des environnements difficiles, marqués par des conflits et d’importants mouvements de population.

Des avions-cargos acheminent actuellement du matériel médical depuis Nairobi et Kinshasa vers Bunia, capitale de l’Ituri, tandis que des hélicoptères et véhicules blindés sont mobilisés pour atteindre les zones les plus exposées. La coordination de la réponse relève de l’OMS, dont le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a qualifié la flambée de « profondément préoccupante », estimant que son ampleur réelle dépasse largement les chiffres confirmés.

L’OMS a rappelé que l’insécurité persistante, la forte mobilité des populations, le caractère urbain ou semi-urbain de l’actuel foyer épidémique ainsi que le vaste réseau d’établissements de santé informels aggravent le risque de propagation, comme ce fut le cas lors de la grande épidémie dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri en 2018-2019.

À l’échelle mondiale, l’OMS juge le risque lié à Ebola « faible », tout en le qualifiant d’« élevé » aux niveaux national et régional pour la RDC et l’Ouganda. Face à cette menace, les équipes onusiennes insistent sur la détection rapide des cas, la recherche des contacts et l’adhésion des communautés aux mesures de prévention.

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