Ghana : une réforme de l’élection présidentielle en marche

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Le gouvernement du Ghana a validé, ce jeudi 30 juillet 2026, une demande de réforme du mandat présidentiel. Le texte prévoit un passage de quatre à cinq ans. Le ministre de la Justice, Dominic Ayine, a confirmé cette décision aux journalistes.

Cette proposition vient d’un comité constitutionnel, créé l’an dernier. Le président John Dramani Mahama en avait confié la direction au professeur Kwasi Prempeh. Le comité a remis son rapport final en décembre dernier. Il propose de réviser la Constitution de 1992, sur plusieurs points.

Selon le gouvernement, un mandat de quatre ans reste trop court. « Les premiers mois de chaque administration sont accaparés par les questions de transition », a expliqué M. Ayine. Il ajoute que la dernière année se consacre largement aux élections. Un gouvernement disposerait ainsi de peu de temps réel pour agir.

Le mandat des députés suivra également ce nouveau rythme. Cette mesure alignera les cycles électoraux du Parlement et de la présidence. Les deux institutions partageraient alors le même calendrier, tous les cinq ans.

Le comité recommandait aussi d’abaisser l’âge minimum requis pour la présidence. L’idée initiale ramenait ce seuil de 40 à 30 ans. Le gouvernement a préféré une version plus prudente, fixée à 35 ans. Cette limite ouvrirait tout de même la fonction à des candidats plus jeunes.

L’exécutif a également validé une nouvelle période pour le scrutin présidentiel. Les élections se tiendraient désormais lors de la première semaine de novembre. Ce choix garantirait un délai suffisant avant l’investiture, prévue le 7 janvier.

Un autre comité rédigera prochainement les projets de loi nécessaires. Deux textes sont attendus, d’ici le mois d’octobre 2026. Le projet sur la limitation des mandats suivra un parcours plus long. Il devra passer par plusieurs étapes, avant un référendum national en 2027.

Ce référendum devra respecter des règles précises pour être validé. Le taux de participation devra atteindre au moins 40 % des inscrits. Parmi les votants, 75 % au moins devront approuver le texte. Ces conditions restent exigeantes, dans un pays où l’abstention progresse régulièrement.

Fait notable, cette réforme ne concernera pas le président actuel. Un porte-parole du gouvernement a précisé ce point, jeudi. John Mahama restera donc soumis au mandat de quatre ans, en cours. Le nouveau régime s’appliquerait uniquement aux mandats suivants.

Pour les jeunes Ghanéens, cette réforme change plusieurs équilibres électoraux. Un candidat de 35 ans pourrait désormais briguer la présidence. Cette perspective concerne directement une génération jusqu’ici écartée du scrutin. Elle rejoint un débat plus large, sur la place des jeunes en politique.

Le comité de révision constitutionnelle avait proposé d’autres changements, en décembre. Il suggérait de limiter le nombre de ministres issus du Parlement. Il envisageait aussi un plafond pour la taille du gouvernement. Ces propositions restent, pour l’instant, en discussion au sein du Cabinet.

Le Ghana n’a pas révisé sa Constitution depuis près de dix ans. Cette réforme intervient dans un climat de confiance institutionnelle fragilisée. Les coûts des campagnes électorales augmentent, année après année, dans le pays. Le gouvernement espère, avec ce texte, restaurer une gouvernance plus stable.

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