Formalisation de l’or artisanal : le modèle ghanéen attire l’Afrique

Formalisation de l’or artisanal le modèle ghanéen attire l’Afrique

La formalisation de l’or artisanal en Afrique prend une nouvelle dimension. Le Ghana attire désormais l’attention de plusieurs gouvernements du continent.

Le 16 septembre, le GoldBod a annoncé des échanges avec sept pays africains. Ces délégations cherchent à comprendre le fonctionnement du modèle ghanéen.

Le dispositif repose sur des acheteurs agréés. Ceux-ci collectent l’or auprès des producteurs, puis le revendent à l’organisme public.

Selon le GoldBod, les exportations d’or artisanal ont atteint 103 tonnes en 2025. Elles représentaient 63,6 tonnes l’année précédente.

Cette progression traduit une meilleure présence de l’or artisanal dans les statistiques officielles. Elle ne permet toutefois pas de connaître le nombre exact de mineurs concernés.

C’est là que se trouve la principale limite du système. Les États mesurent mieux les volumes, mais identifient encore mal les producteurs.

Or l’exploitation artisanale fait vivre des millions de personnes en Afrique. Elle soutient aussi des familles, des transporteurs, des commerçants et des communautés locales.

La collecte officielle ne suffit donc pas à transformer cette économie. Les mineurs doivent également trouver un intérêt concret à rejoindre les circuits déclarés.

Cet intérêt peut passer par un meilleur accès aux marchés et au financement. Il peut aussi dépendre des équipements, de la formation et de la sécurité.

Sans ces garanties, la formalisation risque de rester une opération administrative. Elle pourrait alors capter l’or sans améliorer suffisamment les conditions de ceux qui l’extraient.

Le Ghana prépare justement un système national de traçabilité. Un programme pilote doit suivre l’or depuis environ 600 exploitations artisanales.

Cette démarche vise à connaître l’origine du métal avant son exportation. Elle pourrait aussi faciliter le contrôle des acheteurs et des sites de production.

D’autres pays avancent avec des méthodes différentes. Au Burkina Faso, les coopératives doivent aider à structurer les artisans miniers.

Au Sénégal, une campagne prévoit la délivrance de 10 000 cartes numériques. Elle concerne les orpailleurs de Kédougou et de Tambacounda.

L’Agence de presse sénégalaise indique que ces cartes serviront à identifier les acteurs. Elles doivent aussi encadrer l’accès aux sites officiels.

La réussite de la formalisation de l’or artisanal en Afrique se mesurera donc autrement. Le volume exporté ne constituera qu’un premier indicateur.

Il faudra aussi vérifier les revenus des mineurs, leur sécurité et leur accès aux services. La traçabilité devra enfin produire des bénéfices visibles dans les zones d’extraction.

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