La filière mangue en Côte d’Ivoire change de cadre. Le gouvernement confie désormais sa régulation au Conseil du Coton, de l’Anacarde et du Karité.
La décision a été prise en Conseil des ministres, mercredi 23 septembre 2026. Une ordonnance étend à la mangue les règles prévues pour le coton et l’anacarde.
Le CCAK devra suivre les activités de la filière. Il devra aussi contribuer à son développement et à sa meilleure organisation. Le dispositif prévoit également l’entrée d’un représentant de l’interprofession mangue dans son conseil d’administration.
Selon Koaci, cette réforme vise à mieux encadrer les acteurs et à renforcer la valorisation de la production. Elle donne aussi une base juridique plus claire à l’action publique.
La mesure arrive alors que la filière affronte plusieurs difficultés. La mouche des fruits menace les récoltes et complique l’accès aux marchés étrangers. En juillet, le ministre de l’Agriculture Bruno Nabagné Koné a discuté d’un plan de protection avec un opérateur du secteur.
Les chiffres montrent pourtant une progression des exportations. La Côte d’Ivoire a expédié 27 600 tonnes de mangues en 2015. Le volume a atteint 64 100 tonnes en 2024.
Les recettes ont suivi la même trajectoire. Elles sont passées de 8,9 milliards de francs CFA en 2015 à 26 milliards en 2024.
Ces résultats ne couvrent toutefois qu’une partie de la production. En 2024, la récolte nationale atteignait 198 700 tonnes. Les exportations représentaient donc près d’un tiers du volume récolté.
D’après Agropastoral News, les pertes post-récolte peuvent atteindre 40 % de la production. La transformation apparaît ainsi comme un levier pour réduire les pertes et créer davantage de valeur sur place.
Le pays transforme encore moins de 2 % de sa récolte de mangues. En décembre 2024, le PADFA recherchait 14 milliards de francs CFA pour financer une unité dans le nord.
La nouvelle organisation devra donc dépasser le simple changement administratif. Elle devra améliorer le suivi des producteurs, sécuriser les exportations et soutenir les unités de transformation.
Le potentiel existe, mais son exploitation reste incomplète. La réussite de la filière mangue en Côte d’Ivoire dépendra désormais de l’application concrète de cette réforme.
