FIFA : Israël retire son soutien à Infantino et dénonce une « crise de confiance sans précédent »

FIFA : Israël retire son soutien à Infantino et dénonce une « crise de confiance sans précédent »
Crédit photo : Gianni Infantino(président FIFA) Instagram

À moins d’un an de la prochaine élection à la présidence de la FIFA, la contestation autour de Gianni Infantino prend une nouvelle ampleur. La Fédération israélienne de football a officiellement décidé de retirer son soutien au président de l’instance mondiale, dénonçant une « crise de confiance sans précédent » entre la FIFA et les confédérations continentales.

La décision a été annoncée dans une lettre adressée à la FIFA par Shino Moshe Zuares, président de la Fédération israélienne. Dans ce courrier, le dirigeant revient sur la position précédemment exprimée par son organisation et annonce le retrait formel du soutien accordé à Gianni Infantino.

Israël acte son désengagement

Le ton employé dans la lettre témoigne de la gravité de la situation. La Fédération israélienne estime que les derniers développements ont profondément détérioré les relations au sein de la gouvernance du football mondial.

« Les récents développements ont provoqué une crise de confiance sans précédent », écrit Shino Moshe Zuares, qui décrit une fracture désormais « profonde, substantielle et fondamentale » entre les différentes parties prenantes.

Dans ce contexte, la Fédération israélienne considère qu’elle ne peut plus maintenir la position qu’elle avait précédemment adoptée en faveur du président de la FIFA.

« Nous n’avons d’autre choix que de retirer notre précédente lettre de soutien », affirme son président, tout en appelant à renouer le dialogue afin de restaurer une vision commune pour l’avenir du football international.

Le projet controversé d’Infantino laisse des traces

Ce désengagement intervient dans un contexte particulièrement délicat pour Gianni Infantino. Le président de la FIFA est confronté depuis plusieurs semaines à une contestation croissante autour de sa gouvernance et de ses orientations stratégiques.

Le projet de création d’une structure commerciale destinée à valoriser certains actifs de la FIFA, notamment les droits liés à la Coupe du monde, a constitué l’un des principaux déclencheurs de cette crise.

L’initiative, finalement abandonnée, avait suscité de fortes réserves au sein même de l’organisation et provoqué l’opposition de plusieurs confédérations continentales. Cette fronde a progressivement transformé une controverse économique en véritable crise politique au sommet du football mondial.

Une élection de 2027 sous haute tension

Le retrait du soutien israélien intervient surtout à un moment particulièrement sensible. La prochaine élection à la présidence de la FIFA doit se tenir en mars 2027, et Gianni Infantino pourrait briguer un nouveau mandat.

Or, la question n’est désormais plus seulement celle de sa candidature. Elle concerne également sa capacité à conserver une majorité suffisamment solide au sein des fédérations membres.

Après les prises de position critiques de plusieurs confédérations et fédérations nationales, chaque retrait de soutien prend une portée politique particulière. La décision israélienne vient ainsi alimenter l’impression d’un affaiblissement progressif du consensus autour d’Infantino.

Une bataille qui dépasse désormais la personne d’Infantino

Derrière la contestation du président de la FIFA se dessine une question beaucoup plus fondamentale : qui doit réellement définir l’avenir du football mondial ?

Les tensions actuelles révèlent un désaccord grandissant sur la répartition des pouvoirs entre la direction de la FIFA, les confédérations continentales et les fédérations nationales. Le débat porte désormais autant sur les projets économiques de l’instance que sur ses méthodes de gouvernance, sa transparence et sa capacité à maintenir l’unité du football mondial.

Le retrait de la Fédération israélienne constitue donc un nouveau signal d’alarme pour Infantino. Il ne signifie pas nécessairement que son avenir à la tête de la FIFA est déjà scellé, mais il confirme une tendance préoccupante pour le président : le soutien dont il bénéficiait autrefois semble désormais beaucoup moins acquis.

À quelques mois de l’élection, la bataille pour la présidence de la FIFA pourrait ainsi se jouer sur un terrain inattendu : celui de la reconstruction de la confiance. Et pour Gianni Infantino, le défi est désormais clair : convaincre que la FIFA peut encore parler d’une seule voix.