La situation se dégrade à nouveau dans le nord de l’Éthiopie. Des forces liées au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont lancé mercredi 23 septembre une offensive contre les forces fédérales éthiopiennes.
Les forces tigréennes ont notamment pris le contrôle de trois aéroports et des affrontements ont été signalés dans plusieurs zones. Cette nouvelle offensive fait craindre une reprise plus large du conflit dans le nord du pays.
Ces événements interviennent près de quatre ans après l’accord de Pretoria qui avait mis fin à la guerre de 2020-2022 entre les forces fédérales et le TPLF. Ce conflit avait causé des centaines de milliers de morts selon les estimations citées par Reuters.
Une paix fragilisée depuis plusieurs mois
L’accord de paix était déjà sous pression. Des divisions internes au TPLF ont notamment contribué à fragiliser le processus, tandis qu’une faction plus radicale a repris le contrôle de la région.
La situation s’est également compliquée avec la formation récente d’une alliance regroupant sept groupes armés éthiopiens, dont le TPLF et des groupes qui avaient pourtant combattu de part et d’autre lors de la précédente guerre. Cette coalition affirme vouloir renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.
Le contexte régional ajoute une autre source de tension. Les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée se sont détériorées depuis la fin de la précédente guerre. Addis-Abeba cherche par ailleurs à sécuriser son accès à la mer Rouge, notamment autour de la question du port d’Assab, un dossier particulièrement sensible pour Asmara.
La principale inconnue reste désormais l’ampleur que prendra cette nouvelle confrontation. La présence de plusieurs groupes armés dans différentes régions d’Éthiopie fait craindre que les combats au Tigré ne restent pas cantonnés au nord du pays.
