L’homme d’affaires camerounais Kingsley Tazinya, connu sous le nom de Don Pacto, vient d’être rattrapé par la justice américaine. Âgé de 40 ans et résident d’Oklahoma City, il a été condamné à 20 mois de prison ferme pour fraude bancaire, selon le communiqué officiel du bureau du procureur fédéral du District Ouest de l’Oklahoma (DOJ), publié le 14 septembre 2026.
Une fraude aux aides COVID
Tout remonte à mai 2020, en pleine pandémie. Kingsley Tazinya dépose une demande frauduleuse de prêt PPP (Paycheck Protection Program), le dispositif fédéral d’aide aux petites entreprises, auprès de la MidFirst Bank. Dans son dossier, il affirme faussement que son entreprise emploie 13 salariés et verse une masse salariale mensuelle moyenne de plus de 99 000 dollars (environ 56,6 millions de FCFA).
Grâce à ces mensonges, il obtient près de 249 600 dollars (environ 142,7 millions de FCFA), aussitôt transférés sur un compte bancaire qu’il contrôle personnellement.
Une sanction sévère
Kingsley Tazinya a finalement plaidé coupable de fraude bancaire. Au-delà des 20 mois d’emprisonnement, il devra purger trois ans de liberté surveillée et rembourser la somme record de 564 500 dollars au titre de la restitution — un montant qui inclut intérêts et pénalités.
Une vaste opération anti-fraude
Cette condamnation s’inscrit dans le cadre de « Operation No Doze », présentée comme la plus grande action jamais menée contre la fraude aux programmes d’aide COVID aux États-Unis. Au total, plus de 160 prévenus sont visés à travers le pays, pour un préjudice estimé à environ 245 millions de dollars au détriment des contribuables américains. L’opération est coordonnée par la National Fraud Enforcement Division du Département de la Justice, la SBA et son inspection générale.
Une chute retentissante
Présenté comme un entrepreneur en vue et, selon des sources locales, fiancé de la reine de beauté Audrey Monkam, Don Pacto voit son image durablement écornée. Cette affaire rappelle que la justice américaine ne ferme plus les yeux sur les fraudes commises pendant la crise sanitaire, même plusieurs années après les faits.
