Côte d’Ivoire : une affaire sentimentale vire au scandale financier de 255 millions FCFA

Côte d’Ivoire : une affaire sentimentale vire au scandale financier de 255 millions FCFA
Crédit Photo : Afrique sur 7

Une relation amoureuse nouée en 2025 aurait conduit un homme d’affaires à remettre 255 millions de FCFA à sa compagne présumée. À la barre, le plaignant affirme avoir été trompé après plusieurs mois de versements. Le ministère public estime également que des faits de blanchiment de capitaux sont constitués.

Une histoire d’amour qui se termine devant la justice, sur fond de sommes considérables. En Côte d’Ivoire, un homme d’affaires affirme avoir perdu 255 millions de FCFA après avoir entretenu une relation avec une femme qu’il avait rencontrée dans une station de lavage automobile à Yopougon. L’affaire a été portée devant le tribunal, où les déclarations des deux parties ont permis de retracer les circonstances des transferts d’argent.

Une rencontre qui débouche sur une relation amoureuse

Selon les éléments rapportés à l’audience, le plaignant aurait fait la connaissance de la prévenue en 2025. La femme, présentée comme un agent de la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (SODECI) en instance de divorce, exercerait également des activités dans l’import-export.

À la barre, elle a expliqué que leur relation avait rapidement évolué. Elle affirme notamment que l’homme lui aurait proposé de l’aider après leurs premiers rapports intimes.

De son côté, le plaignant soutient avoir été progressivement mis en confiance. Selon son récit, sa compagne lui aurait expliqué qu’elle accompagnait des commerçants rencontrant des difficultés financières.

Des prêts assortis de promesses de remboursement

Le 10 mars 2025, la femme lui aurait parlé d’un partenaire qui avait besoin de 30 millions de FCFA. L’homme affirme avoir accepté de mettre cette somme à disposition, en échange d’un bénéfice de 20 %.

D’après ses déclarations, le remboursement devait s’effectuer par versements mensuels de six millions de FCFA, avant la restitution du capital à la dernière échéance.

Le plaignant affirme également qu’un premier remboursement lui aurait permis de croire à la fiabilité de l’opération. Il évoque notamment une somme de 17 millions de FCFA reçue après avoir remis 15 millions de FCFA, selon le récit présenté à l’audience.

Pour le rassurer davantage, la femme lui aurait aussi promis de mettre à sa disposition plusieurs véhicules et un terrain de 3 000 mètres carrés situé à Yamoussoukro en cas de difficultés de remboursement.

255 millions de FCFA remis en quelques mois

Entre mars et juin 2025, l’homme affirme avoir versé au total 255 millions de FCFA à sa compagne. Il explique avoir commencé à douter lorsqu’elle aurait cessé d’effectuer les remboursements attendus.

« Je me suis rendu compte de la supercherie quand elle ne payait plus », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés.

L’avocat de la partie civile a résumé cette affaire par une formule évocatrice : « L’amour rend aveugle ». Une déclaration qui souligne, dans cette affaire, la place qu’aurait occupée la confiance sentimentale dans les décisions financières du plaignant.

Le blanchiment de capitaux également évoqué

Au-delà des sommes réclamées par le plaignant, le ministère public estime que le délit de blanchiment de capitaux est également établi. Cette qualification ajoute une dimension financière et judiciaire au dossier.

Les déclarations rapportées à l’audience ne suffisent toutefois pas, à elles seules, à établir définitivement la culpabilité de la prévenue. L’issue de la procédure et les éventuelles décisions du tribunal restent déterminantes pour connaître les responsabilités retenues par la justice.

Le point de vue de la rédaction

Cette affaire rappelle les risques liés au mélange entre relations affectives et engagements financiers importants. La confiance accordée à un partenaire ne dispense pas de vérifier l’origine des opérations, les garanties annoncées et les modalités de remboursement.

Lorsqu’une somme aussi élevée est en jeu, des documents écrits, des garanties juridiquement vérifiables et des conseils professionnels peuvent contribuer à limiter les risques. En matière judiciaire, il reste néanmoins essentiel de distinguer les accusations formulées à l’audience des faits définitivement établis par une décision de justice.