Le 21 mai 2026, à Bamako, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a haussé le ton concernant le problème de carburant au Mali. Il a réaffirmé le besoin urgent de maintenir une vigilance constante sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
Le tout s’est déroulé au cours de la 22e réunion de concertation avec les professionnels du secteur des hydrocarbures. Ces rencontres, devenues hebdomadaires, ont été instaurées pour surveiller les flux de carburant entrant sur le territoire.
Les chiffres présentés lors de la séance révèlent une baisse des approvisionnements. Entre le 4 et le 10 mai 2026, 665 citernes ont franchi les frontières du pays, pour un total de 31,1 millions de litres. La semaine suivante, du 11 au 17 mai, ce volume a reculé à 27,4 millions de litres, transportés par 609 citernes. La diminution atteint 56 citernes et près de 3,7 millions de litres en sept jours.
Ces réunions s’appuient sur un contexte sécuritaire aggravé. Les attaques coordonnées du 25 avril 2026 ont perturbé les flux logistiques vers Bamako, poussant les autorités à créer, le 14 mai, une commission restreinte chargée de surveiller et de sécuriser les corridors d’approvisionnement en hydrocarbures.
Le Mali dépend fortement des importations, avec plus de 2,6 millions de mètres cubes importés en 2024. Les hydrocarbures alimentent les transports, l’électricité, les télécommunications, l’industrie, les mines et les services de santé. Toute rupture prolongée se répercute directement sur les ménages et les activités économiques dans l’ensemble du pays enclavé.
Le 1er mai 2026, face aux tensions d’approvisionnement dans plusieurs stations de la capitale, la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence avait orchestré la réception de plus de 830 camions-citernes, escortés par les forces de défense et la Police nationale. Cette opération avait visé à rassurer les opérateurs et à éviter toute spéculation.
Le Conseil des ministres avait par ailleurs adopté, le 1er avril 2026, un mécanisme de stock national de sécurité couvrant 45 jours de consommation pour le super carburant, le gasoil, le Jet A1 et le gaz butane. Ce dispositif vise à amortir les chocs liés aux perturbations des corridors.
Le ministre Diallo a réaffirmé la nécessité d’une vigilance permanente sur l’ensemble de la chaîne, de l’entrée des citernes jusqu’à la distribution finale. La réunion s’est conclue sur le maintien d’un suivi renforcé des flux et des stocks, avec une attention particulière sur les axes les plus exposés.
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