Baisse du mobile money au Kenya : ce que révèlent les chiffres de 2025

Baisse du mobile money au Kenya : ce que révèlent les chiffres de 2025
Crédits photo : Horizon-News / DR

La baisse du mobile money au Kenya surprend dans le pays qui a popularisé M-Pesa. En 2025, les transactions ont reculé, malgré la progression des utilisateurs.

La Banque centrale du Kenya a publié ces données dans son Bank Supervision Annual Report 2025. Le volume mensuel est passé de 309,3 millions d’opérations en 2024 à 217,6 millions en 2025. Cette diminution atteint 30 %.

La valeur totale a aussi baissé. Elle s’est établie à 722,5 milliards de shillings kényans par mois. Elle atteignait 753,5 milliards de shillings l’année précédente. Le recul reste donc limité à 4 %.

Ces chiffres montrent un changement dans les habitudes de paiement. Les utilisateurs réalisent moins de petites opérations au quotidien. Ils regroupent davantage leurs transferts et déplacent des montants plus importants.

Le montant moyen envoyé a donc augmenté. Le nombre d’opérations diminue, mais les sommes échangées résistent mieux. Cette tendance ne signifie pas forcément un abandon du mobile money.

Le Kenya continue même d’élargir son accès aux services financiers mobiles. Les abonnements de mobile money sont passés de 42,3 millions à 51,4 millions. Leur progression atteint 22 % en une année.

Le nombre d’agents actifs a également progressé. Il est passé de 381 116 à 473 536. Les abonnements téléphoniques ont suivi la même trajectoire, avec 78,4 millions de lignes.

La baisse du mobile money au Kenya s’explique aussi par la concurrence des paiements marchands. Les applications bancaires proposent désormais des services directs aux particuliers et aux entreprises.

Ces solutions réduisent le recours aux agents pour les dépôts et les retraits. Elles modifient surtout les usages dans les centres urbains et les commerces.

La fiscalité pèse également sur les transferts. La taxe appliquée aux frais de mobile money est passée de 10 % à 12 % en 2018. Elle a ensuite atteint 15 % en 2023.

Cette hausse renchérit certaines opérations. Elle peut pousser les ménages modestes à limiter les petits transferts. Certains utilisateurs peuvent aussi privilégier les espèces, selon l’agence Ecofin.

Le mouvement reste toutefois différent selon les territoires. Dans les zones rurales, les agents conservent une fonction essentielle. Ils facilitent l’accès à l’argent lorsque les agences bancaires restent éloignées.

M-Pesa conserve donc une place centrale dans l’économie kényane. Le marché ne disparaît pas, mais son fonctionnement change rapidement.

Le Kenya passe d’un modèle centré sur les dépôts et retraits à un système plus diversifié. La baisse du mobile money au Kenya traduit ainsi une transformation des usages.

Elle rappelle aussi une réalité pour les autres marchés africains. La croissance des comptes ne garantit pas celle du nombre de transactions. Les opérateurs devront désormais suivre les besoins réels des clients.