Le ministère de la Défense du Cameroun a vu trois conventions de partenariat être signées entre ledit ministère et des entreprises locales : Sotrabus, Cameroon International Business (CIB) et Accenture Technologies. La cérémonie officialise une orientation prise depuis plusieurs années par Yaoundé : produire sur place une partie de ses équipements militaires.
Sotrabus, entreprise camerounaise connue pour la construction de bus interurbains, s’engage désormais à produire localement des véhicules blindés tactiques conformes au standard STANAG 4569, niveau BR6. Ces engins sont conçus pour résister aux menaces balistiques et aux explosions. Accenture Technologies prend, de son côté, en charge la production de casques de protection et de gilets pare-balles avec plaques balistiques. CIB se concentre sur une usine de pièces mécaniques.
La convention avec Sotrabus porte précisément sur la transformation de véhicules Toyota Land Cruiser en blindés tactiques. Selon le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo, le projet « devrait permettre de renforcer la protection de la mobilité de nos personnels engagés sur les théâtres d’opérations ».
Ce mouvement vers la production locale s’est construit progressivement. En 2022, le ministre Beti Assomo avait constitué un groupe de travail présidé par le chef d’État-Major des armées. L’objectif déclaré était de permettre aux forces armées de « conquérir l’autonomie stratégique, afin de ne plus entièrement dépendre des partenaires étrangers pour leurs équipements de défense ». L’Atelier central de confection des armées et de la gendarmerie, inauguré le 25 septembre 2025 à Yaoundé, produit entre 700 et 1 000 tenues par jour. Cet atelier a précédé les partenariats d’avril 2026.
D’autres projets militaro-industriels ont été évoqués devant l’Assemblée nationale en juin 2023 : une usine textile à Mengong, dans la région du Sud, et une usine de munitions à Garoua, dans le Nord, en partenariat avec des investisseurs turcs. Ces conventions s’inscrivent dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui prévoit le développement d’une industrie de défense endogène.
La dimension économique accompagne la logique sécuritaire. Ce projet permet de limiter les sorties de devises tout en stimulant la création d’emplois qualifiés dans des domaines comme la soudure structurelle et l’électronique embarquée. En 2024, le déficit commercial du Cameroun a dépassé 2 000 milliards de FCFA, selon l’Institut national de la statistique.
Le ministre Beti Assomo a résumé la logique de ces accords en termes clairs : « La véritable souveraineté ne se déclame pas. Elle se construit. Les projets que nous engageons aujourd’hui participent de cette ambition, celle de bâtir une industrie de défense souveraine. »
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