Amazones U20 : après le 8-0 contre l’Argentine, Wadagni adresse un message aux joueuses

Amazones U20 : après le 8-0 contre l’Argentine, Wadagni adresse un message aux joueuses
Crédit Photo : Benin Web TV

Après la lourde défaite des Amazones U20 face à l’Argentine (8-0), Romuald Wadagni a choisi le soutien plutôt que le reproche. Le président béninois demande aux jeunes joueuses de tirer les leçons de cette soirée difficile avant leur dernier rendez-vous contre la Pologne.

Le score est lourd, très lourd. Mardi 8 septembre 2026, les Amazones U20 ont vécu une soirée particulièrement difficile à l’Arena de Katowice, en Pologne. Pour leur deuxième match de la Coupe du monde féminine U20, les Béninoises ont été largement dominées par l’Argentine, qui s’est imposée sur le score de 8-0.

Quelques heures après cette défaite qui contraste fortement avec le prometteur nul obtenu contre le Mexique lors de la première journée, Romuald Wadagni a pris la parole pour adresser un message de soutien aux joueuses.

Wadagni ne veut pas que le 8-0 efface le reste

Dans son message, le président béninois reconnaît sans détour la difficulté de l’apprentissage du très haut niveau.

« Une défaite ne saurait effacer votre courage, votre talent et les efforts consentis pour porter haut les couleurs du Bénin à la Coupe du monde féminine U20 », a-t-il écrit.

Le chef de l’État invite surtout les joueuses à ne pas réduire leur aventure mondiale à cette seule rencontre. Pour lui, le 8-0 constitue une épreuve, mais également une expérience dont les jeunes internationales doivent pouvoir tirer des enseignements.

« Face à l’Argentine, l’apprentissage du très haut niveau a été difficile. Mais les épreuves font aussi partie du chemin vers les grandes victoires », a-t-il ajouté.

Le message est clair : il ne s’agit pas de minimiser la lourdeur du résultat, mais de refuser qu’il devienne le résumé de la première participation du Bénin à cette compétition.

Du 2-2 contre le Mexique au 0-8 face à l’Argentine

Quelques jours plus tôt, les Amazones avaient pourtant marqué l’histoire du football béninois.

Pour leur toute première apparition dans une Coupe du monde féminine U20, elles avaient obtenu un nul 2-2 contre le Mexique après avoir été menées de deux buts. Romaine Gandonou avait inscrit les deux réalisations béninoises permettant à son équipe de revenir dans la partie.

C’est justement cette capacité à réagir que Romuald Wadagni a voulu rappeler.

« Il y a quelques jours, vous avez écrit une page historique de notre football avec un nul face au Mexique, pour votre première participation à une Coupe du monde. Cette histoire n’est pas terminée », a-t-il déclaré.

Une manière de rappeler que le premier point obtenu au Mondial appartient désormais à l’histoire du football béninois, au même titre que la lourde défaite contre l’Argentine.

La Pologne se présente déjà comme un match couperet

Le prochain rendez-vous sera autrement plus important.

Les Amazones affronteront la Pologne, pays organisateur, vendredi 11 septembre à 17 heures, heure de Cotonou.

Après deux journées, la situation du groupe A est désormais très claire : la Pologne compte 6 points, l’Argentine 3, tandis que le Mexique et le Bénin disposent chacun d’un point.

La mission des Béninoises s’annonce donc extrêmement compliquée. Elles devront obtenir un résultat face au pays hôte tout en espérant une combinaison favorable dans l’autre rencontre du groupe, entre l’Argentine et le Mexique.

Le format de la compétition laisse toutefois une possibilité supplémentaire : les deux premiers de chaque groupe ainsi que les quatre meilleurs troisièmes accèdent aux huitièmes de finale.

Autrement dit, le Bénin n’est pas mathématiquement éliminé. Mais après le -8 contre l’Argentine, sa marge de manœuvre s’est considérablement réduite.

Wadagni demande une réaction, pas seulement une consolation

C’est dans ce contexte que le message présidentiel prend une autre dimension.

Romuald Wadagni ne demande pas aux Amazones d’oublier le 8-0. Il leur demande de s’en servir.

« Gardez la tête haute, tirez les enseignements de cette rencontre et continuez de croire en vos capacités », leur a-t-il lancé.

Cette nuance est importante. Après une défaite aussi lourde, la tentation pourrait être de se focaliser uniquement sur le score. Or, pour une sélection qui découvre le niveau mondial, l’enjeu est aussi de comprendre ce qui a manqué face à une équipe argentine capable d’exploiter les erreurs béninoises.

Le dernier match offrira donc aux joueuses une occasion de montrer si elles ont réellement appris de cette soirée.

« Le Bénin croit en vous »

Le président a terminé son message par un appel à la mobilisation nationale.

« Courage, Amazones ! Ne baissez pas les bras. Le Bénin croit en vous », a-t-il écrit.

Cette sortie intervient alors qu’une véritable mobilisation avait accompagné le premier match des Béninoises contre le Mexique, notamment avec des fan zones mises en place à Cotonou.

La lourde défaite contre l’Argentine ne change donc pas la nature historique de cette participation. Elle rappelle simplement l’écart qui peut encore séparer une sélection en pleine découverte du très haut niveau de certaines nations habituées à ces rendez-vous.

Notre analyse : le véritable enjeu est désormais la réaction

Le 8-0 fera forcément partie de l’histoire de cette première Coupe du monde U20 du Bénin. Il serait toutefois réducteur d’en faire toute l’histoire.

Le véritable enseignement se trouve peut-être dans la réaction que les Amazones vont désormais apporter.

Une équipe peut perdre lourdement et sortir grandie d’une compétition si elle apprend de ses erreurs. À l’inverse, une victoire ne garantit aucune progression si elle ne s’accompagne pas d’un véritable travail de fond.

Le message de Romuald Wadagni va dans ce sens : ne pas nier la défaite, ne pas la dramatiser davantage, mais en faire une étape d’apprentissage.

Vendredi, contre la Pologne, les Amazones auront donc une dernière occasion de montrer autre chose que leur résultat contre l’Argentine. Elles devront surtout montrer qu’elles ont encore les ressources mentales pour se relever.

Car après un 8-0, la question n’est plus seulement de savoir combien de buts le Bénin peut marquer.

Elle est de savoir comment il va réagir.