L’Afrique est le continent le plus représenté parmi les 22 pays prioritaires à haut risque ciblés par la FAO et le PAM face aux menaces liées à El Niño, avec 12 pays concernés.
Pour faire face à cette situation, les deux agences des Nations Unies ont lancé un appel conjoint de 202 millions de dollars destiné à financer des actions préventives au profit de près de neuf millions de personnes exposées aux conséquences de ce phénomène climatique.
Les pays africains ciblés sont le Cameroun, l’Éthiopie, le Kenya, Madagascar, le Malawi, le Mozambique, le Nigéria, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, l’Ouganda et le Zimbabwe.
Les prévisions indiquent qu’El Niño pourrait accroître les risques de sécheresse et d’inondation dans plusieurs régions du continent au cours des prochains mois.
El Niño : la FAO et le PAM lancent un appel conjoint pour protéger 8,8 millions de personnes
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont lancé leur tout premier Appel conjoint en matière d’action anticipée, sollicitant 202 millions de dollars pour protéger près de neuf millions de personnes de l’impact potentiel d’une forte météo à El Niño dans 22 pays prioritaires à haut risque.
Cet appel demande un financement urgent et flexible avant les chocs climatiques attendus, qui pourraient menacer la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la production agricole dans les régions les plus vulnérables du monde au cours de cette année et de l’année prochaine.
Selon les prévisions, El Niño devrait se renforcer durant la période couverte par les perspectives climatiques, entraînant des conditions plus sèches que la normale dans certaines régions et des précipitations plus abondantes, avec des risques d’inondation, dans d’autres.
Cette situation pourrait perturber les semis, les saisons de culture, les récoltes, les pâturages ainsi que la disponibilité de l’eau.
De fortes conditions El Niño au second semestre 2026 devraient accroître les risques de sécheresses, d’inondations et de tempêtes dans certaines parties de l’Afrique, de l’Asie, du Pacifique, de l’Amérique latine et des Caraïbes.
Ces prévisions interviennent alors que des millions de personnes souffrent déjà d’insécurité alimentaire aiguë en raison des conflits, de l’instabilité économique, des déplacements de populations, des chocs climatiques récurrents et des perturbations économiques liées au conflit en cours au Moyen-Orient.
La FAO et le PAM sont déjà en mesure de mettre en œuvre des actions anticipatives au profit de 1,2 million de personnes qui devraient être affectées par El Niño.
Avec un investissement supplémentaire de 167 millions de dollars, les deux agences pourraient rapidement étendre leur soutien à 7,6 millions de personnes supplémentaires dans les 22 pays prioritaires, portant ainsi le nombre total de bénéficiaires à 8,8 millions de personnes.
Cet appel conjoint s’appuie sur des preuves solides démontrant que l’action anticipative est à la fois très efficace et rentable. Chaque dollar investi dans une réponse préventive peut permettre d’éviter jusqu’à 7 dollars de pertes et de coûts d’intervention.
« L’expérience montre constamment qu’agir tôt est plus efficace et moins coûteux que d’intervenir une fois la crise aggravée », a déclaré Beth Bechdol, Directrice générale adjointe de la FAO. « Nous disposons des données, des outils et des preuves nécessaires pour identifier les risques avant qu’ils ne deviennent des urgences. Le défi consiste à garantir la disponibilité des financements suffisamment tôt pour agir. Lorsque les ressources sont mobilisées avant que les seuils d’alerte ne soient atteints, les pays peuvent protéger leur production alimentaire, réduire les besoins humanitaires et aider les familles à préserver leurs moyens de subsistance avant de perdre des périodes cruciales de semis, de récolte ou de production animale. »
« Nous ne pouvons pas nous permettre les conséquences d’une nouvelle crise alimentaire », a déclaré Carl Skau, Directeur exécutif par intérim du PAM. « Avec El Niño à l’horizon, nous disposons d’une fenêtre d’action très limitée afin d’éviter que les familles ne soient contraintes de faire des choix impossibles plus tard. Nous avons désormais les outils pour anticiper ces événements ; ce qui compte, c’est la manière dont nous utilisons ces connaissances. Une action précoce permet de maintenir la nourriture sur les tables et de protéger les populations les plus exposées. Avec les ressources adéquates, nous pouvons agir plus rapidement, réduire les coûts et atteindre les populations avant que la crise ne s’aggrave. »
Les mesures que les financements soutiendront
Les financements soutiendront un ensemble de mesures préventives éprouvées et adaptées aux contextes locaux. Celles-ci comprennent notamment :
- des aides financières directes ;
- la distribution de semences résistantes à la sécheresse et/ou aux inondations ;
- des mesures de protection du bétail ;
- des systèmes de collecte et de stockage de l’eau ;
- des infrastructures de protection contre les inondations ;
- des conseils agricoles ;
- ainsi que la diffusion d’informations d’alerte précoce.
Les interventions prévues aideront les ménages vulnérables à protéger leurs moyens de subsistance, à stabiliser leur consommation alimentaire, à préserver leur production agricole et à renforcer leur résilience face aux futurs chocs.
Pays prioritaires
L’appel se concentre sur 22 pays, sélectionnés en fonction de plusieurs critères : les risques identifiés à partir des prévisions météorologiques liées à El Niño et de ses impacts potentiels, les tendances climatiques historiques, les calendriers agricoles, les niveaux actuels d’insécurité alimentaire et la capacité opérationnelle de réponse.
Afrique :
Cameroun, Éthiopie, Kenya, Madagascar, Malawi, Mozambique, Nigéria, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Ouganda et Zimbabwe.
Asie et Pacifique :
Afghanistan, Pakistan, Philippines et Timor-Leste.
Amérique latine et Caraïbes :
Colombie, Salvador, Guatemala, Haïti, Honduras et Venezuela.
Des prévisions à l’action
Cet appel intervient alors que les besoins humanitaires continuent d’augmenter tandis que les budgets mondiaux consacrés à l’aide subissent une pression croissante.
Lors de l’épisode El Niño de 2023-2024, la FAO et le PAM ont aidé plus de trois millions de personnes grâce à des actions anticipatives, en fournissant une assistance plusieurs mois avant les impacts les plus sévères. Depuis, les capacités ont été renforcées, mais la couverture reste largement inférieure aux besoins identifiés, ce qui souligne l’importance d’accroître les financements et les préparatifs avant l’événement prévu en 2026.
La FAO et le PAM réaffirment que les systèmes, les partenariats et les plans opérationnels nécessaires sont déjà en place et coordonnés pour permettre une action immédiate. Ce qui manque désormais, ce sont les financements indispensables pour déployer des actions anticipatives à l’échelle exigée par les prévisions actuelles.
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