Yves Zogbo Junior, dans une émission, est revenu sur ses rapports avec les différents Présidents de la Côte d’Ivoire.
« Oui, je me sens privilégié. C’est pour cela que j’ai toujours eu des difficultés à ce qu’on me donne une étiquette. Tous les chefs d’État que j’ai connus m’ont exprimé une certaine admiration par rapport à mon travail, et c’est déjà pour moi une grande reconnaissance.
Le Président Félix Houphouët-Boigny (FHB), c’est mon père, parce que quand papa décède, on devient pupille de la Nation. Donc mon tuteur légal, c’est le Président de la République. Pour lui, c’était plus qu’une relation administrative : c’était une relation filiale. Vraiment, c’était un grand, grand homme, plein de mystère.
Le Président Henri Konan Bédié (HKB), c’est la personne qui m’a permis de prendre conscience de ce que je représentais. Il m’a fait appeler un jour, alors que j’étais homme de télévision, et il m’a dit qu’il avait besoin que je m’implique dans le règlement du conflit entre étudiants et gouvernement.
C’est ainsi que j’ai pu participer à de nombreuses rencontres nocturnes pour apaiser les tensions. Certains leaders de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) s’en souviennent : nous avons fait beaucoup de choses la nuit pour éviter que la situation ne dégénère.
Le Président Robert Guéï, lui, c’est la famille, parce que tante Rose, son épouse, était la cousine germaine de ma mère. Donc là, c’est une relation familiale.
Le Président Laurent Gbagbo, m’avait en admiration, peut-être par rapport à mon travail. Sous son mandat, j’ai eu la possibilité de travailler avant que nous entrions dans des périodes plus difficiles. Mais j’avoue qu’il m’admirait et me le disait, donc pour moi, c’était assez serein.
Le Président Alassane Ouattara, c’était bien avant qu’il ne devienne Président. J’étais en stage aux États-Unis, déjà homme public, et il m’a invité à visiter les locaux du Fonds monétaire international (FMI), où il était Directeur général adjoint. Il m’a présenté aux différents cadres en disant : « Lui, c’est un jeune Ivoirien, un homme de télévision. »
J’étais assez ému.
Et quand j’ai quitté les États-Unis, il m’a donné une phrase que je garde encore aujourd’hui. Il m’a dit : « Tu es un leader d’opinion, beaucoup de jeunes s’inspirent de toi. Donc, quand tu rentres au pays, bats-toi pour que cette image reste, afin que ton message puisse être perpétué dans le temps. »
Après, c’est devenu vraiment comme une famille. Il y a le côté professionnel, mais aussi le côté affectif, notamment avec son épouse, Madame Dominique Ouattara », a confié Yves Zogbo Junior.