Voyage : le gouvernement italien veut durcir les règles migratoires

Italie construction

Crédit Photo : Plaque-WW.fr

Le gouvernement italien a adopté ce mercredi 11 février 2026 un projet de loi qui lui permettrait d’interdire provisoirement les arrivées de migrants par la mer en cas de menace graves pesant sur l’ordre public ou la sécurité nationale.

Une telle menace pourrait inclure « une pression migratoire exceptionnelle susceptible de compromettre la sécurité de la gestion des frontières », un « risque concret » d’actes terroristes ou d’infiltration en Italie, ainsi que des situations d’urgence sanitaire mondiale ou en liaison avec des événements internationaux de haut niveau, selon le texte consulté par l’AFP.

L’interdiction, qui devrait alors être décrétée par le gouvernement sur avis du ministère de l’Intérieur, pourrait durer de 30 jours à six mois.

S’il est entériné par le Parlement, ce projet de loi pourra également permettre de relancer une mesure phare très controversée consistant à externaliser dans des centres gérés par l’Italie en Albanie le traitement des demandeurs d’asile interceptés en mer.

La Première ministre d’extrême droite Giorgia Meloni et son homologue albanais, Edi Rama, avaient signé fin 2023 un accord en vue de la mise en place de ces centres qui n’a finalement pas eu lieu en raison de nombreux recours devant la justice.

Le projet de loi prévoit en effet que les migrants présents à bord d’embarcations dans les eaux italiennes puissent être conduits vers des pays avec lesquels Rome a conclu un accord de détention ou de rapatriement, notamment l’Albanie.

Mme Meloni a été élue en 2022 sur la promesse d’endiguer le débarquement chaque année sur les côtes italiennes de dizaines de milliers de migrants arrivés à bord de petites embarcations.

Son gouvernement a signé des accords avec des pays d’Afrique du Nord afin de limiter les départs, tout en restreignant les activités des organisations humanitaires qui envoient des bateaux de sauvetage en Méditerranée centrale.

Ce nouveau texte risque d’entraver davantage le travail des ONG, même si, en réalité, la plupart des migrants concernés sont secourus par les garde-côtes ou la marine.

Le projet de loi prévoit également d’allonger la liste des condamnations pouvant entraîner l’expulsion d’un étranger.

« Les frontières de l’Italie sont les frontières de l’Europe. Les défendre est un devoir », a écrit le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, sur X.

Près de 2.000 migrants sont parvenus en Italie par la mer depuis le début de l’année, contre 4.400 sur la même période l’an dernier, selon les chiffres officiels.

© AFP

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