Les données publiées par Eurostat révèlent un contraste profond dans la capacité des Européens à s’offrir une semaine de vacances loin de chez eux.
En 2024, plus d’un quart de la population européenne âgée de 16 ans ou plus n’était pas en mesure de se financer un séjour.
Ce chiffre moyen masque pourtant d’importantes variations entre États membres, reflet de situations économiques inégalement résilientes face à l’inflation ou aux tensions sur le pouvoir d’achat.
La Roumanie reste le pays le plus touché, avec plus de la moitié des habitants privés de vacances pour raisons financières.
La Roumanie n’est pas un cas isolé. En Grèce, en Bulgarie ou encore en Hongrie, plus de quatre habitants sur dix renoncent à partir.
Ces pays cumulent souvent des niveaux de revenus plus faibles, des systèmes sociaux moins protecteurs et des effets persistants de crises économiques récentes.
Cette concentration de la privation de vacances dans le Sud et l’Est de l’Union européenne souligne des fractures économiques structurelles, encore renforcées par la hausse continue du coût de la vie.
À l’inverse, certains États affichent des taux nettement inférieurs à la moyenne européenne.
Au Luxembourg, moins de 10% de la population rencontre des difficultés à financer une semaine de congés. Les pays nordiques, ainsi que les Pays-Bas ou l’Autriche, se distinguent également par une plus grande capacité de leurs habitants à partir en vacances, portée par des salaires plus élevés et un modèle social plus protecteur.
Malgré ces inégalités, Eurostat constate une progression encourageante. La part de personnes pouvant s’offrir un séjour a augmenté d’environ dix points de pourcentage sur la dernière décennie.