Chaque année, des millions de touristes marchent sur les étoiles du Hollywood Walk of Fame sans se douter du parcours qu’elles représentent. Derrière ce trottoir mythique de Los Angeles se cache un processus précis, mêlant reconnaissance artistique et réalité financière.
Tout commence par une nomination. Contrairement à une croyance répandue, aucun artiste ne postule lui-même. Un studio, un label, un agent ou même un club de fans doit soumettre officiellement le dossier à la Hollywood Chamber of Commerce, organisme gestionnaire du Walk of Fame depuis 1958. Cinq catégories existent : cinéma, télévision, musique, radio et théâtre live.
Chaque année, un comité de sélection étudie des centaines de candidatures. Seuls 20 à 35 noms sont finalement retenus, dans un processus jugé opaque par certains observateurs de l’industrie.
Une fois sélectionné, l’artiste entre dans une phase moins connue du grand public : le financement. La facture avoisine 75 000 dollars, généralement réglée par le label, le studio ou les proches de l’artiste. Cette somme couvre la fabrication de l’étoile en terrazzo rose et laiton, ainsi que l’organisation de la cérémonie d’inauguration.
Les lauréats disposent ensuite de deux ans pour programmer leur cérémonie, souvent marquée par les discours de personnalités du milieu et un dévoilement filmé, largement relayé dans la presse.
Angélique Kidjo a suivi ce parcours à la lettre. Sélectionnée dès l’été 2025, la chanteuse béninoise a dû patienter plus d’un an avant de fouler enfin son étoile, le 18 août dernier, devenant la première musicienne noire africaine ainsi honorée.
Résultat de cette mécanique bien huilée : plus de 2 850 étoiles, symboles permanents d’une reconnaissance qui a un prix.
