La crise prend une nouvelle dimension au sommet du football mondial. Le président de la Fédération jordanienne de football, le prince Ali ben Al Hussein, a publiquement accusé Gianni Infantino de « chantage », affirmant......
La crise prend une nouvelle dimension au sommet du football mondial. Le président de la Fédération jordanienne de football, le prince Ali ben Al Hussein, a publiquement accusé Gianni Infantino de « chantage », affirmant qu’un soutien politique au président de la FIFA aurait été présenté comme une condition susceptible de faciliter le règlement de plusieurs difficultés rencontrées par la Jordanie.
Dans un message publié sur le réseau social X, le dirigeant jordanien, ancien vice-président de la FIFA et ancien candidat à la présidence de l’instance mondiale, a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive préoccupante dans la gestion des relations entre la FIFA et ses fédérations membres.
Ses accusations interviennent dans un contexte déjà marqué par des tensions autour de la gouvernance de l’organisation et par la remise en cause du soutien de plusieurs fédérations à Gianni Infantino.
Visas, taxes et primes : les griefs de la Jordanie
Le président de la Fédération jordanienne a énuméré plusieurs difficultés rencontrées par son pays à l’occasion de sa participation à la Coupe du monde 2026.
Il a notamment évoqué les problèmes de visas auxquels auraient été confrontés certains supporters jordaniens souhaitant se rendre aux États-Unis, y compris, selon lui, des détenteurs de billets. Il a également dénoncé le coût élevé des billets ainsi que les charges fiscales auxquelles la délégation jordanienne aurait été soumise lors de son séjour sur le territoire américain.
Autre sujet de mécontentement : le paiement des récompenses liées à la Coupe arabe organisée au Qatar en décembre 2025. La Jordanie affirme attendre toujours le versement de sommes destinées à ses joueurs après son parcours dans la compétition.
Pour le prince Ali, ces difficultés ne relèveraient pas uniquement de problèmes administratifs. Elles traduiraient une défaillance plus profonde dans la manière dont la FIFA répond aux préoccupations de certaines associations nationales.
Une accusation directe contre Gianni Infantino
Selon le dirigeant jordanien, la FIFA aurait refusé pendant plusieurs mois d’apporter une réponse satisfaisante aux problèmes soulevés par sa fédération.
Il affirme ensuite qu’au cours de la Coupe du monde, il lui aurait été indiqué oralement qu’un soutien à Gianni Infantino pourrait contribuer à faciliter l’aide apportée à la Fédération jordanienne.
Le prince Ali estime que cette situation s’apparente à une forme de « chantage » et assure que la Jordanie ne cédera pas à cette pression.
« Nous sommes fiers de défendre des valeurs éthiques. Nous ne l’avons pas soutenu auparavant et nous ne le ferons certainement pas maintenant », a-t-il notamment déclaré dans son message.
À ce stade, ces propos constituent des accusations formulées publiquement par le président de la Fédération jordanienne. Ils ne représentent pas une décision de justice ni une conclusion officielle d’une enquête indépendante.
Une affaire qui dépasse désormais la Jordanie
Cette sortie intervient alors que le climat semble se tendre autour de la gouvernance de la FIFA.
Plusieurs fédérations et responsables du football international ont récemment exprimé des réserves ou pris leurs distances avec certaines orientations attribuées à la direction de l’instance mondiale. Les critiques portent notamment sur la transparence des décisions, la gouvernance interne et les relations entre la FIFA et ses associations membres.
L’accusation de la Jordanie pourrait donc avoir une portée plus large. Elle remet au centre du débat une question essentielle : les aides, les décisions administratives et l’accompagnement des fédérations sont-ils accordés selon des critères transparents et équitables, indépendamment des rapports de force politiques ?
La FIFA attendue sur une réponse officielle
Face à la gravité des accusations, une réaction claire de la FIFA est attendue.
L’enjeu dépasse la seule relation entre Zurich et la Fédération jordanienne. L’institution doit désormais répondre aux interrogations concernant les visas, les primes annoncées, les charges fiscales évoquées par la Jordanie et, surtout, l’allégation selon laquelle un soutien électoral aurait été associé à la résolution de ces problèmes.
Au moment où ces accusations ont été relayées, aucune réponse détaillée de la FIFA à l’ensemble des griefs formulés par le président jordanien n’avait été rendue publique.
Analyse : une accusation qui touche au cœur de la gouvernance du football
L’affaire est particulièrement sensible parce qu’elle ne concerne pas seulement des questions financières ou administratives. Elle touche directement à l’indépendance des fédérations nationales et à la crédibilité du processus électoral au sein de la FIFA.
Si les accusations étaient confirmées par des éléments indépendants, elles pourraient alimenter un débat majeur sur la séparation entre l’aide institutionnelle et les intérêts électoraux. Une fédération ne devrait pas avoir le sentiment que l’accès à un accompagnement dépend de son soutien à un dirigeant.
À l’inverse, la gravité de l’accusation impose également que les faits soient établis avec rigueur. Une déclaration publique, même formulée par un haut responsable du football, ne suffit pas à démontrer à elle seule l’existence d’un système de pression ou d’un échange politique.
La prochaine étape sera donc déterminante. La FIFA devra apporter des réponses précises, documentées et vérifiables. Le silence ou une réaction trop générale risquerait d’alimenter davantage les interrogations.
Pour Gianni Infantino, le défi est désormais autant politique qu’institutionnel. Au-delà de l’accusation de la Jordanie, c’est la confiance des fédérations membres et l’image de gouvernance de la FIFA qui se retrouvent au centre du débat.