Ce n’est plus le même joueur depuis qu’Alvaro Arbeloa s’est installé sur le banc du Real Madrid. Vinicius Jr. a retrouvé le sourire et cet impact sur l’attaque madrilène qui lui faisaient défaut sous la direction de Xabi Alonso. Le nouvel entraîneur merengue ne s’est pas contenté de l’encenser en conférence de presse. Il a aussi joint le geste à la parole pour redonner confiance au Brésilien.
Il est au cœur de l’actualité pour des raisons qui ne devraient pas exister. Vinicius Jr. aurait une nouvelle fois été victime d’insultes racistes la semaine passée, lors de la victoire du Real Madrid sur le terrain du Benfica (0-1) en Ligue des champions. Il aurait été traité de « singe » par Gianluca Prestianni, suspendu à titre provisoire par l’UEFA pour le match retour en attendant la conclusion de l’enquête. Tout le monde aurait bien préféré ne retenir que le but sublime inscrit par le Brésilien. Mais le jeu a logiquement été relégué au second plan.
Le coup de génie de Vinicius n’a pas été oublié pour autant. Comme la qualité globale de sa performance. C’est devenu une tendance. Elle est l’opposée de l’image moribonde dégagée par le numéro 7 madrilène sur la première moitié de la saison. Et même avant. Très touché après avoir vu le Ballon d’Or lui échapper au profit de Rodri à l’automne 2024, Vinicius avait perdu son sourire. Et beaucoup de son football. L’ailier auriverde n’était que l’ombre du joueur flamboyant et virevoltant qui avait guidé le Real au sommet de l’Europe il y a moins de deux ans.
L’un des joueurs les plus déstabilisants
Il y avait une part de doute sur sa capacité à retrouver sa brillance. L’arrivée de Xabi Alonso sur le banc madrilène pour succéder à Carlo Ancelotti l’été dernier pouvait mettre fin à ce doute. Elle l’avait finalement renforcé. Malgré quelques fulgurances, Vinicius ressemblait plus souvent à un joueur quelconque, comme ses statistiques (7 buts et 8 passes décisives en 33 matches). Son mal-être perdurait, à l’image de sa colère au moment de son remplacement lors du Clasico remporté face au Barça (2-1) en octobre dernier.
C’est ce mal-être qu’Alvaro Arbeloa a voulu combattre dès qu’il a succédé à Xabi Alonso le 12 janvier dernier. Il semblait même vouloir l’ériger comme une priorité au moment de sa prise de fonction. « J’ai beaucoup de chance d’avoir Vinicius Jr., c’est l’un des joueurs les plus déstabilisants pour une défense au monde, avait-il insisté lors de sa conférence de presse de présentation. Le Vini qu’on veut voir, c’est un Vini qui sourit, qui s’amuse, qui danse, qui joue. Qui est capable de décider d’un match et de faire la différence. »
Une câlinothérapie qui porte ses fruits
Arbeloa n’a jamais changé de discours avec son Brésilien. Il a toujours pris soin d’en dire le plus grand bien dès qu’il en avait l’occasion face aux médias. Que ce soit après une défaite ou une victoire. « J’ai vu un Vinicius engagé, un »Vini » qui est capitaine, et c’est le »Vini » que je veux voir », avait-il assuré après l’humiliation subie en Coupe du Roi face à Albacete (3-2). « Je veux qu’il prenne du plaisir, et qu’il sache qu’il a toute ma confiance pour montrer son football et presque l’obligation de libérer toute la magie qu’il a », insistait-il après la prestation remarquable de son ailier face à Monaco en Ligue des champions (6-1).
La câlinothérapie porte ses fruits. Cela se voit dans l’expression corporelle du Brésilien, de nouveau souriant. Cela se traduit par le danger permanent qu’il fait peser sur les défenses adverses. Cela se lit surtout dans son rendement statistique, nettement plus conforme à son statut qu’en début de saison. Vinicius a inscrit 6 buts et délivré 3 passes décisives sur ses six derniers matches toutes compétitions confondues, portant son total à 12 buts et 11 passes décisives sur l’ensemble de la saison.
« Vinicius n’était pas du tout à l’aise avec les idées de Xabi Alonso »
Il y a éventuellement un paramètre tactique. Dans un plan de jeu plus direct, Arbeloa mise beaucoup sur la liberté de ses attaquants et cela convient parfaitement au Brésilien. « Je veux que Mbappé et Vinicius soient frais pour attaquer, annonçait l’entraîneur madrilène. Je ne veux pas que les attaquants suivent les latéraux ou les milieux de terrain adverses. Je veux qu’ils fassent un bon travail, je veux voir une équipe compacte, qui travaille ensemble. Mais Vinicius, comme Mbappé, doivent être frais pour faire la différence. »
Dans l’esprit d’Arbeloa, remettre Vinicius à l’endroit passait vraisemblablement par lui redonner un niveau hiérarchique équivalent à celui de Mbappé. « Vinicius n’était pas du tout à l’aise avec les idées de Xabi Alonso, un entraîneur pour lequel il n’était pas le protagoniste principal sur le terrain, avance Ignacio Esteban Ortiz, journaliste pour eurosport.es. Aujourd’hui, il semble qu’Arbeloa le traite de la même manière que Mbappé, et le Brésilien veut rendre au nouveau coach toute la confiance qu’il lui accorde. » Cela se sent sur le terrain. Et le Real ne va pas s’en plaindre.