Les déclarations de Venance Konan, Journaliste et Ecrivain, relancent un débat important sur la gouvernance, la sécurité routière et la gestion des ressources publiques en Côte d’Ivoire.
À travers ses propos, il dénonce des pratiques de racket attribuées à certains agents des forces de l’ordre et des Eaux et Forêts, soulevant une question centrale : le développement est-il réellement une priorité nationale ?
Selon lui, des policiers et gendarmes, pourtant rémunérés et équipés par l’État, contribueraient à ralentir la circulation pour extorquer de l’argent aux usagers. Cette situation apparaît paradoxale dans un pays qui investit massivement dans les infrastructures routières afin de fluidifier les échanges économiques.
Des axes stratégiques, comme la route entre Bingerville et Feh Kessé, montre cette contradiction : à peine construits, ils deviennent des points de contrôle où les pratiques dénoncées persistent.
Au-delà de la question sécuritaire, Venance Konan pointe également du doigt la gestion environnementale. Autrefois riche en forêts et traversée par de grands fleuves, la Côte d’Ivoire fait face aujourd’hui à une dégradation progressive de ses ressources naturelles.
Pourtant, un corps dédié, celui des Eaux et Forêts, est chargé de protéger cet écosystème. Malgré des recrutements réguliers, les résultats restent préoccupants : déforestation, pollution des cours d’eau et affaiblissement de la biodiversité.
« En Côte d’Ivoire, par exemple, nous dépensons des milliards de francs pour construire des routes afin de faciliter la circulation des personnes et des biens. Pourtant, nous payons des fonctionnaires de police et de gendarmerie, nous leur fournissons des armes et des véhicules… pour, au final, ralentir la circulation et racketter les usagers.
Dès qu’une nouvelle route est construite, les premières personnes que l’on y voit sont les policiers. Il suffit de se rendre sur l’axe en construction entre Bingerville et Feh Kessé : ils y sont déjà « versés », comme on le dit souvent. Voulons-nous réellement nous développer ?
Autre réalité : nous disposions autrefois d’une épaisse forêt qui nous protégeait de la sécheresse et de ses conséquences. Nous avons également quatre grands fleuves qui irriguent le pays et fournissent du poisson. Pour préserver ce patrimoine, un corps a été créé : les Eaux et Forêts.
Mais, année après année, nous constatons la diminution de nos forêts et la pollution de nos fleuves… sans véritable réaction. Malgré cela, nous continuons de recruter des agents dont la mission semble, trop souvent, se résumer au racket des populations.
Voulons-nous vraiment nous développer ?« , a-t-il déclaré.