Uranium : le Niger veut à son tour poursuivre Orano en justice

or uranium Uranium: le Niger veut à son tour poursuivre Orano en justice

Crédit Photo : WorldAtlas

Le Niger a annoncé porter plainte à son tour contre le géant français de l’uranium Orano, dont Niamey a nationalisé une filiale, invoquant notamment un préjudice écologique.

L’exploitation de l’uranium au Niger est au centre d’un bras de fer entre la junte qui a pris le pouvoir en 2023 à Niamey et l’ancienne puissance coloniale française, qui détient 90 % du capital d’Orano.

Le géant français de l’uranium accuse Niamey de l’avoir exproprié et a engagé plusieurs procédures judiciaires, affirmant en septembre que l’une d’entre elles avait abouti à une décision en sa faveur.

A son tour, « le Niger a décidé d’initier des procédures judiciaires contre Orano (…) devant les juridictions nationales et étrangères afin d’obtenir condamnation et réparation des préjudices subis », a déclaré mercredi Alio Daouda, le ministre nigérien de la Justice.

Il a dénoncé des terres « souillées par l’exploitation » et des « déchets toxiques (…) déversés à l’air libre ».

Début décembre déjà, M. Daouda avait accusé Orano « d’avoir créé un désastre écologique au Niger » s’apparentant à des « crimes de masse ».

Selon lui, « près de 400 tonneaux contenant de la carotte radioactive, matière hautement toxique » ont été découverts sur un site.

Après avoir décrété en juin la nationalisation forcée de la Somaïr, la filiale d’Orano, le Niger avait annoncé en novembre son intention de mettre sur le marché international l’uranium produit.

Et quelques jours plus tard, Orano avait averti qu’un chargement de Yellow Cake (concentré d’uranium) d’au moins 1.000 tonnes avait quitté le site de la Somaïr, à Arlit (nord), auparavant détenue à 63,4 % par le groupe français et à 36,6 % par l’État du Niger.

Il est depuis quelques semaines bloqué à l’aéroport de Niamey, théâtre d’une attaque jihadiste inédite revendiquée par l’Etat islamique dans la nuit du 28 au 29 janvier.

Orano a récemment promis de poursuivre ses actions juridiques contre l’État nigérien, mais aussi contre « quiconque voudrait mettre la main » sur ce stock d’uranium qui vaudrait selon lui 300 millions d’euros.

Avec AFP

Continuez la discussion en temps réél !
Rejoignez notre chaîne WhatsApp