Un trentenaire a été mis en examen et écroué ce vendredi 13 mars 2026 à Paris, soupçonné d’avoir administré pendant deux ans une importante plateforme pédopornographique sur le darkweb, intitulée « Alice in Wonderland », a-t-on appris de sources concordantes.
« L’homme né en 1994 et interpellé à Toulouse est soupçonné d’avoir été l’administrateur du site depuis 2022 jusqu’à sa fermeture en septembre 2024 », a précisé le parquet de Paris à l’AFP. Il est notamment soupçonné d’avoir alimenté le site, créé des sections ou géré des utilisateurs.
Le parquet avait requis sa mise en examen notamment pour fourniture d’une plateforme en ligne pour permettre une transaction illicite en bande organisée, ainsi que détention et diffusion d’images d’un mineur à caractère pédoporn0graphique.
L’enquête avait été ouverte en juin 2024 par la section de lutte contre la cybercriminalité et confiée à l’office mineurs.
« Ce type de dossier fait parfois basculer la détention provisoire, mécanisme d’exception visant à prévenir des risques strictement délimités, vers une condamnation morale avant jugement », a réagi son avocat, Me Ambroise Palle, auprès de l’AFP.
« Mais la condamnation morale devrait rester prudente, car la consommation de pédopornographie correspond souvent à la dérive d’une addiction subie dans un contexte de solitude, plus qu’au choix délibéré d’un monstre. Dans ce contexte, un suivi psychologique semblerait plus adapté qu’une cellule », a-t-il ajouté après son placement en détention.
En novembre dernier, la justice allemande avait déjà condamné cinq exploitants de cette plateforme qui comptait des centaines de milliers d’utilisateurs et s’intitulait « Alice in Wonderland » (« Alice aux pays des merveilles », en anglais).
Agés de 44 à 63 ans, ils avaient été condamnés à des peines allant jusqu’à dix ans et demi de prison par un tribunal de Mönchengladbach (ouest).
Avant sa fermeture en septembre 2024 par les autorités allemandes, la plateforme diffusait des contenus pédopornographiques, impliquant dans certains cas des nourrissons d’environ un an, et permettait la mise en lien d’utilisateurs, afin, éventuellement, de commettre des violences s3xuelles sur des enfants.
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