Togo : le pays veut faire rentrer l’IA dans l’éducation

Togo IA

Crédit photo : Tedisel Medical

Au Togo, l’heure semble être à l’IA dans l’éducation. Lomé entend concrètement déployer un agent intelligent dans ses établissements scolaires. L’annonce a été faite lors du Sommet régional sur la transformation numérique qui s’est tenu à Cotonou les 17 et 18 novembre 2025. La ministre Cina Lawson y a détaillé les ambitions du gouvernement en matière d’intelligence artificielle.

Le projet consiste à intégrer un logiciel autonome capable d’analyser des données, de prendre des décisions simples et d’interagir avec les utilisateurs. « Nous envisageons de mettre un agent d’IA dans le système éducatif. C’est une étape importante pour préparer les écoles à l’ère de l’intelligence artificielle », a déclaré la responsable gouvernementale. Ce programme s’appuie sur des travaux préalables en matière de connectivité. Le déploiement de la fibre optique dans onze communes du pays avance. Le raccordement des écoles et des centres de santé au haut débit constitue d’ailleurs un préalable au fonctionnement de ces nouveaux services numériques.

Le Togo a déjà lancé plusieurs formations en intelligence artificielle. En juin dernier, un programme national de formation gratuite en programmation, IA et anglais numérique a été lancé en partenariat avec Kira Learning, une startup californienne. L’objectif affiche 15 000 étudiants formés d’ici la fin de l’année, avant d’atteindre 50 000 bénéficiaires annuels.

La formation combine cours interactifs, vidéos explicatives et accompagnement personnalisé par tuteur IA. Les trois modules portent sur Python, les fondamentaux de l’IA et l’anglais du numérique. D’après l’Agence Ecofin, cette dynamique reflète les ambitions togolaises de se positionner comme pôle technologique en Afrique de l’Ouest.

Plus loin que l’IA dans l’éductation au Togo, une question d’infrastructures partagées et de enjeux régionaux

La question des moyens financiers se pose néanmoins. Pour Cina Lawson, aucun pays de la région ne peut financer seul un centre de données dédié à l’IA. Elle a donc plaidé pour une approche collective : « Aucun pays ne financera seul un centre de données pour l’IA. Nous devons nous organiser en région pour créer un cluster commun. » Cette réflexion s’inscrit dans la continuité du data center Tier III+ mis en service avec l’appui de la Banque mondiale.

L’autorité togolaise a également annoncé que tous les ministères du pays seront transformés numériquement dans les dix-huit prochains mois. Cette mutation va générer d’importants volumes de données qu’il faudra encadrer. Or, selon Togo First, il n’existe pas encore de norme unique pour le partage de données en Afrique de l’Ouest.

La ministre a insisté sur la nécessité de construire un cadre clair permettant l’innovation et la souveraineté numérique. La gouvernance de l’IA et le partage de données doivent être harmonisés au niveau régional pour soutenir l’émergence d’un marché numérique intégré, selon elle.

Ces priorités trouvent leur expression dans la Déclaration de Cotonou adoptée à l’issue du sommet. Le texte engage les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre à harmoniser la gouvernance des données, développer des capacités régionales en IA et accélérer le déploiement des services numériques essentiels.

Bref, l’éducation et l’administration figurent parmi les secteurs prioritaires. Les États signataires se fixent des objectifs mesurables à l’horizon 2028, dont la création de deux millions d’emplois numériques et la formation de vingt millions de personnes aux compétences numériques de base.

Continuez la discussion en temps réél !
Rejoignez notre chaîne WhatsApp