Togo : le pays va fabriquer des drones

Togo drones

Crédits photo : Shutterstock

Le 18 mai 2026 à Lomé, capitale du Togo, deux pays ont signé un accord qui change la nature de leur relation avec la production de drones.

Le Togo et la Pologne ont en effet conclu un accord de financement de 24 millions d’euros pour créer un Centre de Technologies de Sécurité à Lomé. L’accord est adossé à la Bank Gospodarstwa Krajowego (BGK) et constitue la première opération de la banque polonaise sur le continent africain.

Le projet, baptisé Africa Drone Company, vise à produire des aéronefs sans pilote sur le sol togolais. Cyber Defense Africa, un joint-venture né en 2019 entre le gouvernement togolais et l’entreprise européenne ASSECO Data Systems, portera la mise en œuvre du Centre. L’Union européenne garantit l’opération via son mécanisme EFSD+, rattaché à la stratégie Global Gateway.

La cérémonie s’est tenue en présence de Cina Lawson, ministre de l’efficacité du service public et de la transformation numérique. Le vice-premier ministre polonais Krzysztof Gawkowski avait fait le déplacement à Lomé. Il a été reçu par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Les deux parties ont affiché une convergence sur l’avenir de leur coopération technologique.

Les drones produits au Togo serviront la sécurité, l’agriculture, la logistique, l’industrie et la surveillance des infrastructures. Au-delà de la fabrication, le projet couvre le transfert de compétences vers des ingénieurs et techniciens togolais dans les domaines de l’intelligence artificielle et des systèmes autonomes. « Le Togo a fait le choix clair : ne pas subir la révolution technologique mais y prendre part, ne pas simplement consommer l’innovation mais la créer et enfin ne pas rester spectateur du futur mais contribuer à l’écrire », a déclaré Cina Lawson lors de la signature.

Du côté polonais, le message porte sur la durée. « La Pologne accorde une grande importance au développement de ses investissements au Togo. Nous voulons que ces investissements se développent, qu’ils créent des emplois et contribuent au développement de l’économie », a affirmé Krzysztof Gawkowski. La première vice-présidente du conseil d’administration de la BGK, Marta Postuła, a salué l’engagement des autorités togolaises qui a permis d’aboutir à cet accord dans le domaine de l’économie numérique.

La stratégie Global Gateway, lancée en 2021 par la Commission européenne, vise à mobiliser jusqu’à 300 milliards d’euros d’investissements d’ici 2027 dans les domaines du numérique, de l’énergie, des transports, de la santé et de l’éducation, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique latine. L’accord de Lomé constitue la première application de ce mécanisme dans le secteur numérique togolais.

Pour le Togo, ce projet rejoint une série de choix technologiques effectués ces dernières années. Le pays cherche à bâtir une filière locale capable de répondre à ses propres besoins. L’ambition n’est pas de disposer d’équipements importés, mais de maîtriser leur conception depuis Lomé.

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