Que dit le Code des personnes et de la famille sur le 50/50 dans les couples ? Avant, au Togo, l’homme était le chef de la famille. Ainsi, il devait prendre en charge les besoins de la famille. Mais, le Code des personnes et de la famille a été modifié. Alors, que dit le nouveau code sur le 50/50 dans le couple ?
Au Togo, la loi ne demande pas de partager les dépenses du couple en 50/50. Chacun contribue selon ce qu’il gagne. Même sans beaucoup d’argent, s’occuper de la maison et des enfants compte aussi. L’essentiel est un partage juste, basé sur les moyens et les efforts de chacun.
Ce que dit réellement la loi au Togo sur le 50/50 dans les couples
L’article 100 du Code des personnes et de la famille indique que « les époux contribuent aux charges du ménage et de la famille à proportion de leurs facultés respectives ».
Cela veut dire que chacun doit donner en fonction de ce qu’il a. Si le monsieur gagne 100.000 Fcfa et que la dame gagne 50.000 Fcfa, il ne s’agira pas de diviser les dépenses exactement en deux parts égales.
Dans ce cas, chacun participe selon ses moyens réels. Le monsieur qui gagne plus contribue davantage, tandis que madame qui gagne moins apporte une part adaptée à ses revenus.
Ainsi, le principe du “50/50” au sens strict n’est pas imposé par la loi togolaise. Ce que prévoit le Code, c’est plutôt une solidarité entre époux, basée sur l’équité et non sur une égalité mathématique.
En pratique, cela signifie que les charges du ménage comme le loyer, la nourriture, la santé ou l’éducation des enfants doivent être supportées conjointement, mais de manière proportionnelle aux ressources de chacun. Voici un exemple concret pour mieux comprendre.
« Mon mari m’a réveillée pour me dire qu’il voulait du 50-50 »
« Mon mari m’a réveillée vers 3 heures du matin un jour pour me dire qu’il voulait faire du 50-50. Il en avait assez de payer toutes les factures et il voulait qu’on commence à les partager. J’ai souri et je n’ai rien dit, car je n’y voyais aucun inconvénient.
D’habitude, je me réveille à 5 heures pour préparer les enfants pour l’école et faire le petit-déjeuner pour tout le monde.
Mais ce jour-là, j’ai décidé de rester au lit jusqu’à 7 heures. Je me suis ensuite habillée à contrecœur pour aller travailler, laissant les enfants aux soins de mon mari.
Mon téléphone n’arrêtait pas de sonner car il dormait encore quand je suis partie. Il m’a envoyé des tonnes de messages disant que les enfants n’étaient pas encore prêts pour l’école et me demandant pourquoi j’étais partie sans cuisiner ni m’occuper d’eux. Je lui ai répondu que je m’étais levée tôt pour gagner assez d’argent pour assumer le 50-50 qu’il exigeait.
Il a dû aller travailler en retard ce jour-là à cause du trajet pour l’école. À l’heure de la sortie, la maîtresse de mes enfants m’a appelée pour me dire que les enfants étaient seuls à l’école et que tout le monde était déjà parti. Je lui ai dit d’appeler mon mari car j’étais en déplacement.
Mon mari m’a rappelée immédiatement, exigeant une explication sur la raison pour laquelle j’avais laissé ses enfants à l’école et pourquoi la maîtresse l’avait appelé lui au lieu de moi, disant que c’était toujours mon devoir d’aller les chercher.
« J’étais très occupée par le travail »
Je lui ai répondu que j’étais très occupée par le travail pour pouvoir assumer le 50-50 qu’il réclamait. Il a manifesté son agacement et a raccroché.
Plus tard, il est allé les chercher pour les ramener à la maison. De retour, il a été surpris de me voir dans la chambre, allongée sur le lit en train de consulter mon téléphone.
Il m’a demandé pourquoi j’avais soudainement négligé mes devoirs. Il a dit qu’en demandant du 50-50, il voulait simplement dire que je devais le soutenir financièrement, et non que je devais négliger mes tâches, car il estimait qu’il en faisait déjà plus pour la famille.
J’ai souri et je lui ai répondu que je travaillais aussi et que je contribuais plus qu’il ne le pensait. Il a manifesté son mécontentement et a mis fin à la discussion. Il a demandé à manger, et je lui ai dit que je n’avais rien préparé car j’étais occupée à essayer de réunir de quoi payer le 50-50 qu’il exigeait. À ce stade, il s’est senti frustré et a commencé à hausser le ton.
Je lui ai dit que s’il voulait du 50-50, il ne devait pas s’attendre à ce que je gère toutes les affaires de la maison. Le 50-50 signifie que nous partageons tout le travail, jusqu’aux tâches ménagères et au soin des enfants, car je ne peux plus les assumer seule.
Il a commencé à se montrer distant, mais après quelques semaines, il a remarqué que je ne fléchissais pas et que je restais sur mes positions, et il a vu que les enfants commençaient à se plaindre de ne plus être soignés comme avant.
Il a fini par s’excuser et a promis de ne plus jamais remettre le sujet sur le tapis ».
Ce que dit la loi sur ce cas
Selon l’article 100 du Code, « si l’un des époux ne remplit pas son obligation, il peut être contraint par justice ».
Par ailleurs, l’article précise que « chacun des époux s’acquitte de sa contribution en la prélevant sur les ressources générées par son activité professionnelle ou sur les ressources dont il a l’administration et la jouissance ou par son activité au foyer ou sa collaboration à la profession de l’autre ».
Ce qui veut dire que la contribution au ménage ne se limite pas uniquement à l’argent. Le travail domestique, l’éducation des enfants, la gestion du foyer ou encore l’appui à l’activité professionnelle de son conjoint sont également reconnus comme des formes de participation.
Autrement dit, une femme ou un homme qui ne gagne pas beaucoup d’argent mais qui s’occupe activement de la maison contribue déjà aux charges du ménage. Cette contribution a une valeur, même si elle n’est pas financière.
Ainsi, le Code des personnes et de la famille reconnaît deux types de participation. Il y a la contribution financière et la contribution en nature, notamment à travers les tâches ménagères et familiales.
En définitive, la loi togolaise ne parle pas d’un partage strictement égal des dépenses dans le couple. Elle insiste plutôt sur un équilibre fondé sur les moyens et les rôles de chacun. Le “50/50” tel qu’il est souvent compris dans les discussions n’est donc pas une obligation légale.
Lire la nouvelle loi publiée au Journal Officiel du Togo
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