Depuis plusieurs jours au Togo, une rumeur trouble la population : des disparitions de kikis. En effet, des habitants affirment avoir perdu leurs organes génitaux après un simple contact. Ces récits circulent à Lomé, à Kara et dans d’autres localités du pays. Les réseaux sociaux amplifient rapidement ce phénomène à travers le territoire. Le 11 juillet 2026, le ministre de la Sécurité a réagi publiquement. Dans un communiqué signé, le colonel Calixte Batossie Madjoulba appelle au calme. Il précise qu’aucune preuve ne confirme, à ce stade, ces disparitions. Les enquêteurs collaborent avec les autorités sanitaires depuis le début des faits. Pour l’instant, rien n’établit la réalité de ces événements relayés.
Ce type de rumeur n’est pas nouveau en Afrique de l’Ouest. Elle resurgit régulièrement, parfois sous le nom de « vol de sexe ». Selon un article publié par Icilome, un épisode a marqué Kara début juillet. Une femme y a été accusée par deux jeunes hommes. Des habitants l’ont conduite chez le chef de quartier. Une foule s’est rassemblée le lendemain devant sa résidence. L’intervention des forces de sécurité a évité un débordement.
Des faits similaires s’étaient produits à Sokodé quelques jours plus tôt. Le préfet de Tchaoudjo avait ordonné des vérifications auprès des hôpitaux. Les personnes se disant victimes ont été examinées par un urologue. Aucune malformation ni aucun rétrécissement n’a été constaté chez elles. Ces conclusions rejoignent celles avancées par le ministère de la Sécurité.
Le communiqué ministériel insiste sur ce point. Ces rumeurs entraînent, dans certains cas, des actes de vindicte populaire. Des personnes soupçonnées à tort subissent parfois violences et agressions. Le ministre rappelle que nul n’a le droit de se faire justice. Toute personne violente s’expose à des poursuites devant la loi. Diffuser des informations non vérifiées constitue également une infraction, selon le texte.
Face à cette situation, plusieurs numéros gratuits restent disponibles jour et nuit. Le 1014 correspond au Centre national de commandement unifié. Les numéros 117 et 1244 permettent de joindre la police nationale. La gendarmerie nationale reste accessible via le 172. Les autorités recommandent aussi de se rendre au commissariat le plus proche. Chaque signalement doit permettre l’ouverture d’une vérification.
Selon Icilome, le phénomène relève surtout d’un mécanisme collectif connu. Des cas comparables avaient déjà été observés par le passé, dans la région. La peur circule souvent plus vite que les faits vérifiés. Les chefs traditionnels et les responsables religieux jouent alors un rôle. Leur parole aide à apaiser des communautés désemparées face à l’inconnu.
Les publications se multiplient sur les réseaux depuis l’épisode de Kara. Des vidéos montrent des rassemblements filmés en direct dans la rue. Certains comptes appellent à la vigilance sans apporter de preuve. D’autres relaient des accusations avant toute vérification par la police. Ce comportement expose des personnes à un danger immédiat. Avant de partager un message, mieux vaut vérifier sa source. Ce geste limite la propagation d’accusations non fondées en ligne. Les jeunes de seize à trente-cinq ans forment l’essentiel des relais numériques. Leur prudence peut freiner la diffusion de ces rumeurs.
Le ministère de la Sécurité rappelle enfin la responsabilité de chacun. Vérifier une information avant de la partager reste un geste utile. Ce réflexe protège des vies et préserve la paix sociale. Les forces de défense restent mobilisées sur l’ensemble du territoire national. Leur mission reste de protéger les biens et les personnes. La cohésion nationale dépend aussi du comportement de chaque citoyen.
Cette affaire rappelle une vérité ancienne en Afrique de l’Ouest. La rumeur prospère souvent là où l’information manque ou tarde. Face à l’incertitude, la vérification reste l’arme la plus sûre. Les autorités togolaises misent sur ce principe pour apaiser les tensions.
Communiqué officiel du Gouvernement sur les « disparitions des kikis »
