Togo : des préparatifs faits pour les prochaines inondations

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Crédit Photo : The Conversation

Dans plusieurs localités du sud du Togo, les équipes de secours répètent leurs gestes en prévisions des prochaines inondations.

Fin octobre, une vingtaine de communes situées dans les préfectures du Bas-Mono, des Lacs et de Yoto ont en effet servi de théâtre à des exercices de simulation. L’objectif était simple : vérifier si les systèmes d’alerte fonctionnent. Et si les comités locaux savent réagir quand l’eau monte.

Ces manœuvres, orchestrées par l’Agence nationale de la protection civile et la Croix-Rouge togolaise, ont permis d’évaluer la préparation du terrain. « Ces exercices nous ont permis d’évaluer l’appropriation des rôles par les comités de gestion d’urgence et d’améliorer la sensibilisation des populations aux mesures de prévention et de réponse », a déclaré Jean Kékéli Komivi Akrosu, coordinateur régional Maritime de la Croix-Rouge togolaise.

Les zones testées appartiennent toutes à la région Maritime, régulièrement frappée par les débordements pendant la saison des pluies.

Le phénomène n’a rien de nouveau. Bref, les inondations reviennent chaque année avec leur lot de dégâts matériels et de déplacements de populations. Certaines zones de Lomé, notamment à l’ouest de la capitale, demeurent particulièrement exposées.

En 2024, plusieurs quartiers sont restés sous eau entre mai et juin. À Klémé, dans la commune du Golfe 7, les travaux de drainage ont été interrompus, laissant des eaux stagnantes devenir des foyers à maladies.

Face à cette récurrence, les autorités multiplient les ripostes. Le Plan de Préparation et de Réponse aux inondations a mobilisé 50 millions FCFA de fonds publics l’année dernière, complétés par 1,69 milliard FCFA d’appuis extérieurs. Ces ressources financent la logistique, la formation des équipes et la sensibilisation.

En parallèle, le projet WACA Togo a fourni en août 2024 plus de 500 millions FCFA d’équipements modernes à l’ANPC et à l’Agence nationale de météorologie, renforçant ainsi les capacités de prévision et d’alerte.

Plus ambitieux encore, le gouvernement a lancé le Réseau d’assainissement par intercepteurs pour la non-inondation de nos espaces (RAINE). Ce projet, dont les travaux ont démarré en avril 2025, vise à collecter et rediriger les eaux pluviales vers le bassin de Zio.

La technologie utilisée repose sur des microtunneliers, des machines de forage horizontal qui creusent sous terre sans perturber la surface. D’après le ministère de l’Eau et de l’Assainissement, 1,42 milliard FCFA seront débloqués en 2025 pour moderniser les systèmes de drainage dans les secteurs urbains les plus exposés.

Les installations de pompage seront aussi renforcées dans plusieurs localités du Grand Lomé, comme Awatamé, Gbomamé et Atilamonou. Ces dispositifs permettront une évacuation plus rapide pendant les périodes de fortes précipitations.

Car les projections météorologiques ne laissent guère de place à l’optimisme. La région Maritime reste vulnérable aux pluies torrentielles, et le Grand Lomé, qui abrite plus d’un quart de la population togolaise, concentre les risques.

Reste à savoir si ces mesures suffiront à contenir les crues à venir. Enfin, la question n’est plus de savoir si les inondations reviendront, mais quand.

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