Nommé le 25 mars 2022, Débo-K’mba Barandao a été remplacé à la direction générale de la Compagnie d’énergie électrique du Togo (CEET) ce mercredi 3 juin 2026 par Ilagou AYEVA.
Ancien directeur de l’Énergie et ancien directeur général de l’Autorité du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (AGAO), Débo-K’mba Barandao maîtrisait pourtant les défis du secteur lorsqu’il avait succédé à Degla Essenouwa en 2022.
Cependant, en quatre ans à la tête de la CEET, le directeur sortant a été confronté à la grogne de la population pour deux raisons principales.
D’une part, en mai 2025, l’annonce d’une augmentation des tarifs d’électricité avait suscité de vives lamentations au sein de la population.
Face au mécontentement général, la CEET a dû faire machine arrière et la mesure a été suspendue.
D’autre part, le second défi majeur concerne les interruptions temporaires de la fourniture d’électricité.
Ces coupures de courant ont repris de plus belle depuis le mois de mars dernier dans plusieurs localités du pays.
Y a-t-il un lien direct entre la gestion de Débo-K’mba Barandao et les délestages au Togo ?
Les perturbations dans la fourniture d’électricité sont plutôt dues à des « contraintes techniques sur le réseau » et à une forte demande, a expliqué le mercredi 11 mars 2026, lors d’une intervention sur la TVT, le désormais ex-DG.
Par ailleurs, il a expliqué que les travaux de maintenance régulièrement organisés sur les équipements pour garantir la sécurité et la fiabilité du système engendrent également des coupures.
« La situation, qui avait débuté avec un déficit d’approvisionnement de nos fournisseurs extérieurs, a persisté. La semaine dernière, par exemple, en plus du déficit provenant de l’extérieur, nous avons enregistré l’arrêt d’une centrale pour des raisons techniques, ce qui a accentué le manque », avait-il indiqué.
Pour limiter les désagréments, des actions s’étaient multipliées au niveau de la compagnie :
« Des zones de fourniture ont été délimitées, et des équipes sont déjà déployées sur le terrain pour accélérer les travaux et stabiliser la fourniture de l’électricité », avait alors rassuré Débo-K’mba Barandao.
Depuis cette sortie médiatique, une légère amélioration a été constatée, mais les coupures n’ont pas pour autant cessé.
On espère donc que son successeur, Ilagou AYEVA, fera feu de tout bois pour augmenter la capacité de production et de distribution d’électricité dans le pays.
Le défi de l’accès universel à l’horizon 2030
Il faut noter que le Togo a engagé, ces dernières années, plusieurs projets pour renforcer l’accès à l’électricité sur tout le territoire. L’ambition nationale est d’atteindre la couverture universelle à l’horizon 2030.
Cette ambition s’inscrit dans un contexte régional complexe. En Afrique de l’Ouest, des millions de foyers attendent encore l’électricité pour s’éclairer, étudier ou produire librement.
Selon le dernier rapport de progrès de la CEDEAO, le taux d’accès à l’électricité de la population ouest-africaine s’établissait à 57,4 % en 2022 (soit 243,5 millions de personnes), avec une forte concentration en zone urbaine (74 %).
Ce chiffre indique que des efforts importants restent à fournir dans la sous-région pour atteindre l’objectif communautaire fixé à 90 % d’ici 2030.
Ce rapport révèle d’ailleurs des disparités criardes entre les États membres :
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Cap-Vert (92 %)
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Ghana (89 %)
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Côte d’Ivoire (85 %)
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Sénégal (76 %)
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Gambie (63 %)
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Nigeria (59 %)
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Togo (58 % en 2022)
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Guinée (55 %)
- Bénin (38 %)
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Liberia (29 %)
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Sierra Leone (25 %)
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Guinée-Bissau (24 %)
Malgré ces écarts, le Togo se positionne comme un bon élève. Selon le ministère de l’Énergie, le taux d’accès national a connu une progression remarquable pour atteindre 75,6 % à la fin de l’année 2025 (contre 58 % en 2022).
Si le rythme actuel des investissements est maintenu, le pays pourrait bel et bien atteindre l’accès universel d’ici 2030.
Car, au-delà des chiffres, l’accès à une énergie durable et fiable reste le socle indispensable de la croissance économique et du développement social.