Tiken Jah Fakoly : « J’ai arrêté d’encourager l’AES parce que… »

Tiken Jah Fakoly Côte d'Ivoire AES

Crédit Photo : Jeune Afrique

En Côte d’Ivoire, l’icône Tiken Jah Fakoly est au coeur de l’actualité suite à des propos qu’il a tenu sur l’AES. Ce dernier a dévoilé la raison pour laquelle il fait de moins en moins des éloges à l’alliance.

Les propos de la légende Tiken Jah Fakoly rapportés par Euloge Kuyo First sont les suivants : « Mon espoir, c’est que les dirigeants de l’AES aillent aux élections et qu’ils les remportent. Ainsi, ils pourront parler avec tout le monde en toute légitimité.

Parce qu’aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, le Mali est divisé : il y aurait les “vrais” Maliens, les “bons” Maliens et les “faux” Maliens. Si vous soutenez les militaires, vous êtes un bon Malien. Si vous êtes contre, vous devenez apatride, faux patriote, voire ennemi.

Si vous soutenez Ibrahim Traoré, vous êtes un bon Burkinabè. Si vous ne le soutenez pas, alors vous ne seriez pas un bon Burkinabè. Et c’est la même chose au Niger.

Au début, moi j’ai encouragé. J’ai même soutenu. Je suis allé rendre visite au Président Ibrahim Traoré à l’époque et j’ai fait des vidéos de soutien, parce que je pensais qu’il s’agissait d’un pouvoir de transition devant conduire à des élections, afin que la majorité des Maliens, des Burkinabè et des Nigériens puissent choisir librement leurs dirigeants.

Mais lorsque ce chemin a été abandonné, et qu’on a réuni 300 ou 400 personnes dans une salle pour décider que les présidents devaient continuer à gouverner indéfiniment, là je ne pouvais plus rester silencieux.

Certains pensaient que j’allais devenir le griot de l’AES, que j’allais chanter les louanges d’Assimi Goïta, du Capitaine Traoré et de Tiani. C’est sans doute ce qu’ils attendaient de moi.

Mais moi, je suis Tiken Jah Fakoly. Je fais du reggae. Mon rôle, c’est de tenir compte de tout le monde, d’être impartial et de dire ce que je pense. Je ne peux pas faire autrement. Et c’est ce que j’ai toujours fait.

Quand j’ai dit que la liberté d’expression avait été avalée par la révolution, j’ai été surpris par la réaction de certains de mes fans. On m’a attaqué, insulté, on a dit que la France m’avait payé. Pour certains, je n’aurais même pas le droit de critiquer l’AES.

Dans l’esprit de certains, Tiken Jah devait être uniquement la voix de l’AES. Mais moi, je suis aussi, et surtout, la voix des sans-voix ».

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